Quand l’humour se fait satirique au coeur d’illustrations naïvement vraies

On découvre le style enfantin mais blindé d’humour satirique de Jules Le Barazer.

Il dit trouver son inspiration dans l’étrangeté du corps humain, au milieu des sécrétions, et à travers les comportements pervers et vicieux des gens. Il se dit aussi être dirigé par l’instinct animal et l’inventivité. Jules Le Barazer n’a pas l’air dans un autre monde, il l’est réellement ! Et c’est génial.

 

humour-barazer humour-barazerCet illustrateur originaire de Tours et âgé d’une belle trentaine d’années raconte ses questionnements liés à une société qui part en couille. Miroir brut de l’état des gens qui l’entourent, son carnet de dessin où les mots se font la plupart du temps absents servirait presque d’exutoire ! C’est un peu comme s’il ingurgitait l’information pullulante et virulente des médias pour la digérer et la recracher avec une certaine lucidité que l’on trouve déconcertante. À chaque illustration, son message. Le résultat est là, incroyablement efficace et d’une réalité si vraie qu’elle nous blesse. La faute au trait naïf qui caractérise le travail de Jules Le Barazer !

humour-barazer
Milk Magazine
humour-barazer
Metropolitan
humour-barazer
Metropolitan

D’ailleurs, c’est certainement en cette esthétique enfantine que réside toute la puissance des petites scènes racontées par l’illustrateur. Les couleurs pastels donnent une ambiance douce et tendre pour rassurer le spectateur. De la même manière, la dynamique arrondie des traits simples et efficaces nous rappelle les albums illustrés de notre enfance illustrés par Adrien Albert ou Philippe Corentin à L’Ecole des Loisirs ! Jolie Madeleine de Proust, chef.

À LIRE :   Maison close cherche goûteur

Le trait presque niai contrebalance violemment avec les thèmes abordés par Jules Le Barazer. Pour Zeit Magazine par exemple, l’illustration accompagne le reportage d’un journaliste allemand d’origine arabe qui a du faire face aux regards des gens suspicieux d’une couleur de peau trop foncée, lors d’une enquête sur la crise migratoire européenne. Pour le M du Monde, ce sont des « Do’s et les Don’t » des candidats du Front National à la Présidentielle de 2017 que Jules Le Barazer se moque, et pour Neon, c’est le problème de l’expression des émotions à l’heure du tout-connecté qu’il illustre.

humour-barazer
Zeit Magazine
humour-barazer
Neon Magazine
humour-barazer
Milk Magazine

Bref, Jules Le Barazer dessine avec le sourire une société un peu pourrie, torturée et un peu moche.

Retrouvez Jules Le Barazer sur Instagram / Internet
À voir : cette animation sur la cité de Sarcelles

Elisa Barbier