Les jeunes sud-africains dansent sur du « Gqom »

 Le son des rues de Durban

Le Gqom est une musique sombre et hypnotique taillée pour les clubs qui vient d’Afrique du Sud, née à Durban dans la province du KwaZulu-Natal, au bord de l’océan Indien. Ce style se caractérise par des rythmiques électroniques « cassées » et beaucoup de percussions, sur lesquelles s’ajoutent des nappes ambiantes et des chants Zulu, un groupe ethnique sud Africain. Des codes en contradiction totale avec l’image que l’on peut avoir de la scène house sud Africaine, plutôt affiliée à des mélodies joyeuses et aux « good vibes ».

Le nom « Gqom » signifie quelque chose comme « Bang » ou « ricochet », prononcé à la Zulu, en claquant la langue sur le G et le Q, qui se fusionnent à l’oral puis suivis par un « om » venant du fond de la gorge. Le mot « Gqom » fait d’ailleurs référence au son du kick qui tape.

Né de la même manière que la grime anglaise (elle même issue de la scène UK garage), le Gqom est une évolution de la scène deep house et hiphop locale, plus connue sous le nom de « Kwaito ».

Au niveau des producteurs, deux noms ressortent assez souvent, ceux de Rudeboyz et Distruction Boyz, deux groupes de jeunes DJ’s, producteurs et danseurs locaux à l’origine du Gqom (ils ne sont évidemment pas les seuls acteurs du mouvement, mais peut être les plus innovants). Ils produisent dans leur chambre, avec assez peu de matos (tout est fait sur ordi) et balancent leurs tracks dans les clubs sud africains qui valident ou non le dernier morceau sorti.

Même si, encore aujourd’hui, beaucoup de clubs refusent d’être affiliés à ce mouvement, peut être encore considéré comme trop « underground ».

En effet, certains patrons de clubs ont une mauvaise image du Gqom qui, selon eux, ne se marierait pas ou mal avec la culture et l’esprit de leurs clubs. Le Gqom vient des quartiers pauvres, est joué fort dans les transports en commun, utilisés par les pauvres. Il est associé à la rue, aux drogues et à la violence. Il ne peut être associé au « glamour » et au bon niveau de vie de ceux qui fréquentent ces clubs.

D’autres producteurs sud-Africains, plus proches musicalement de la scène deep house locale, comme DJ Lag, Culoe De Song, Nakedboys ou Blaq Soul estiment que les gars de Rudeboyz et Distruction Boyz ont amenés une nouvelle couleur innovante à ladite scène, en y ajoutant des « broken beats », des nappes atmosphériques, et plein d’autres sons propres à l’identité musicale du genre.

Gqom

 – Distruction Boyz –

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La danse fait aussi partie du mouvement. Indissociable de la musique, et créée avec la même envie de montrer quelque chose de nouveau, les pas de danse sont à la fois inspirés de danses traditionnelles et modernes – piquées à d’autres styles plus anciens – et de nouveaux pas inventés ou re-visités par les précurseurs du mouvement. 

Un reportage en profondeur sur la scène Gqom :