La Jamaïque aurait contribué à la naissance du streetwear

Chaussures Clarks, pantalon « ratchet knife », ganzie et tam : les marqueurs du streetwear jamaïcain

 Petite île antillaise située dans les Caraïbes, la Jamaïque est réputée pour avoir été le berceau du mouvement rasta. La culture jamaïcaine, très diverse, raconte l’histoire de son pays. Elle a vu naître de nombreux styles de musique comme le reggae, le blues, mais aussi des styles de vêtement comme le streetwear ! Eh oui, il ne provient pas QUE des Etats-Unis !

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Depuis l’arrivée des sound systems au début des années 50, un nouveau style s’est dégagé en Jamaïque : le streetwear. Encore non-influencé par celui des rappeurs américains, il est unique ! Il a d’ailleurs participé à l’évolution du style parisien d’aujourd’hui ! Entre chaussures Clarks, pantalon « ratchet knife », ganzie et tam : les Jamaïcains ont su marquer l’histoire de la mode !

Le bonnet de Bob Marley

La marque de fabrique des rudes boys : le tam, l’immense bonnet de Bob Marley. Lorsque le mouvement rasta s’est implanté sur cette île, en 1970, il a fallu trouver un moyen pour ranger les dreadlocks des Jamaïcains. Elles les encombraient trop. De plus, c’était un marqueur pour cette communauté : tout bon rasta devait porter un tam ! Vers la fin des années 90, des branches radicales du mouvement ont ajouté un turban à leur tenue.

Le ganzie

Présent d’abord sous les chemises déboutonnées des rockers, le marcel en filet a rapidement été adopté par les Jamaïcains. Surnommé ganzie, il fait partie de la tenue type d’un bon rude boy ! C’est l’armée norvégienne qui commence à le porter en 1930, les américains appellent ça la naissance du « health vest » ! Il deviendra un réel marqueur du style rude boy dans les années 80 grâce au gang Spanglers Posse. Ils superposaient chemise boutonnée, seulement en haut, et un ganzie en dessous.

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Le pantalon « ratchet knife »

Contrairement aux Américains, ils n’ont jamais eu de pantalon emblématique. Ils sont tournés vers le jean, et surtout vers le pantalon cigarette. Les manières de les porter font aussi leur différence. Ils peuvent être soit remontés d’un seul côté, soit orné d’une ceinture de coton ouverte. Ils doivent obligatoirement avoir un bandana plié dans une poche, car il représente le symbole universel de la rébellion dans tout les ghettos. Et certains, portaient un journal dans une des poches arrière pour planquer un couteau « ratchet knife ».

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Les Clarks

Les Jamaïcains vouent une véritable adoration aux chaussures anglaises, Clarks ! C’est Steve McQueen et son look army chic qui les ont séduits ! Pour rien au monde, un rude boy sortirait sans ses Desert Boot, premier modèle Clarks ayant fait un carton en Jamaïque.

En 70, lors des raves jamaïcaines, les flics finissaient souvent par débarquer et stopper la fête. Un certain Joe Williams, un flic, avait établi un système. Il séparait les danseurs en deux groupes : d’un côté, ceux qui avec des Clarks, les gens décents, et de l’autre, ceux qui n’en avaient pas, les voyous.

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Ces quatre marqueurs feront partie du kit du rude boy pendant encore un long moment, car, attachés au vintage, les Jamaïcains leur vouent un véritable culte. Le chanteur Iba Mahr a récemment fait honneur aux chaussures Clarks dans un de ces clips. Le chanteur reggae, Gregory Isaacs, est lui connu pour avoir révolutionné le port du panama en l’inclinant vers la droite et l’arrière ! Il a fait de ce chapeau un marqueur du style streetwear jamaïcain !

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Malheureusement, l’influence bling bling des rappeurs américains a aussi fait son impact en Jamaïque. Les rudes boys ajoutent maintenant un bob ou une casquette de baseball orné d’un sticker, quoi de plus américains ! Espérons juste que l’influence des rappeurs s’arrêtera là, car le style jamaïcain pourrait perdre tout son charme !

 

D’après les propos recueillis par i-D.

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