Ed van der Elsken : le photographe des marginaux

Il a photographié la jeunesse sombre et désabusée d’après-guerre

Du 13 juin au 24 septembre, le jeu de Paume consacre une rétrospective au célèbre photographe néerlandais, Ed van der Elsken. L’exposition présente une large sélection des images iconiques de son œuvre photographique : La vie folle.

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 Mais qui est-il ?

Figure unique de la photographie et du cinéma, Ed van der Elsken avait comme domaine de prédilection la rue ! Du Paris des années 50, en passant par Amsterdam et Tokyo, il montre une jeunesse sombre et désabusée. Ed van der Elksen se considérait comme un chasseur qui séduisait ses proies pour capturer le bon moment. S’il avait pu, il se serait fait greffer une camera, car son but était de réaliser et de mettre en scène des photos de la vraie vie !

Il était sombre, rebelle, non-conformiste et philosophe. Il aimait provoquer les gens, tout en les séduisants. En Europe, il a bouleversé les perspectives de la photographie documentaire humaniste en interrogeant la photo comme une expérience existentielle.

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Le caractère de ses images modernes s’accorde avec le modèle de vie anticonformiste des jeunes « gens » dont il partage le quotidien. Cette jeunesse, qu’il capture, est noyée dans l’alcool et la drogue. Ses amis, ses âmes sœurs de la marge, des jeunes désœuvrés, des mineurs en cavales, des artistes sans sous et sans papiers : tous sont des figures singulières. Il était d’ailleurs souvent qualifié de « photographe des marginaux ».

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En réalité, il cherchait seulement une forme d’esthétique sans artifice, qui s’ouvrait souvent vers le sensuel, voir l’érotisme ! Entre existentialisme et lettrisme : le monde dans lequel ils vivaient, était coupé en deux. Son travail engagé reflète en effet l’atmosphère des quatre décennies ayant suivi la Seconde Guerre mondiale.

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« Je fais des reportages sur de jeunes voyous rebelles avec plaisir… Je me réjouis de la vie, je ne suis pas compliqué, je me réjouis de tout » avait-il affirmé.

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Son œuvre n’est pas basé que sur les photos. Livres et films la constitue aussi. Dans son premier livre, Une histoire d’amour à Saint Germain des Près, Ed van der Elsken rompt avec les conventions de la photographie de l’époque. Son approche directe rend les images vivantes, voir violentes ! Le livre mêle réalité et fiction. L’approche expressive, presque filmique de l’histoire lui valurent une renommée immédiate ! Ce livre ne sera que le début d’une longue carrière.

La rétrospective, qui a lieu au jeu de la Paume, est la première en France. Au programme : sélection de photographies iconiques d’Ed van der Elsken, des livres des extraits de films, des diaporamas, des dessins, des maquettes, des documents personnels… L’exposition met, en effet, l’accent sur ses qualités exceptionnelles de photographe, d’auteur et de cinéaste, mais aussi sur ses recherches graphiques.

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