Les « croisières de la drogue »

Les organisateurs des croisières ont été condamnés

Vendredi 9 juin, les sanctions sont tombées au tribunal de Marseille. 34 prévenus ont été reconnus coupables pour avoir participé à un trafic international. Du cannabis et de la cocaïne étaient transportés entre l’Europe, le Maroc et le Brésil grâce aux lignes de la compagnie italienne Costa Croisière.

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Les peines

Les 21 « mules » s’en sortent assez bien : entre dix-huit mois de prison avec sursis et trois ans ferme. Par contre, les organisateurs risquent de croupir dans une cellule pendant quelque temps ! Tous ont pris entre huit et treize ans de prison ferme ! Des mandats d’arrêt internationaux ont été émis à l’encontre de quatre organisateurs qui sont encore en fuite.

« Les croisières de la drogue »

En 2012, de jeunes niçois ont été recrutés pour participer à des croisières transatlantiques de la compagnie Costa Croisière. Le but ? Créer un commerce triangulaire entre l’Europe, le Maroc et l’Amérique latine. Les organisateurs du trafic leur offraient la traversée, et en plus leur donnaient jusqu’à 15 000 euros en échange du transport de la drogue.

Un groupe d’une douzaine de passeurs embarquait depuis Savone, en Italie, en direction du Maroc. Au cours de l’escale à Casablanca, les « mules » récupéraient plusieurs kilos de résine de cannabis dans un appartement. Une fois, scotché sur leurs corps, ils rembarquaient sur le bateau jusqu’au Brésil pour livrer la marchandise, où elle était échangée contre de la cocaïne. Et c’était reparti, mais cette fois avec d’autres passeurs. Ils scotchaient la drogue sur leurs corps, et repartaient jusqu’en Europe pour la livrer aux trafiquants !

D’après le journal Le Monde, la procureure Audrey Jouaneton a affirmé, dans son réquisitoire, que ces jeunes « n’ont été que des objets qu’on achète. On leur a fait miroiter Copacabana, mais on leur a fait risquer les geôles brésiliennes ».

Un troc particulièrement avantageux

Au total, treize narco-croisières ont été organisées en deux ans. En mars 2014, un paquebot revenant du Brésil est stoppé par la police espagnole. Conclusion ? Dix passeurs et un des organisateurs, Victor Sanches Tavares, sont arrêtés, et 25 kilos de cocaïne sont saisis.

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La fin de ce trafic s’avère être arrivée plus rapidement que prévue. Ils se voyaient déjà entretenir une vie de luxe grâce à cet argent, mais ils sont vite redescendus de leur petit nuage !

Ce trafic était une aubaine, à la fois pour les narcotrafiquants d’Europe, mais aussi pour ceux d’Amérique latine, car il était particulièrement avantageux ! Étant donné que le prix de la résine de cannabis est très élevé sur le continent américain, les organisateurs ont trouvé bon de l’échanger contre de la cocaïne. Mais leur idylle s’est vite transformée en cauchemar !