A Tokyo, le street art se fait discret mais survit !

Des graffitis et stickers à l’encontre du conformisme tokyoïte

Loin des mœurs de la culture japonaise, le street art est bien faible à Tokyo. Perçues comme du vandalisme saccageant l’ordre et la propreté de l’espace public, les grandes œuvres au message impactant n’existent purement pas. Néanmoins, une belle scène underground essaye tant bien que mal de faire voler en éclats le conformisme et fleurir un art urbain encore trop timide. Leur belle volonté se traduit par une culture du graff et du sticker vivace dans la capitale tokyoïte.

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Pourtant, les artistes risquent gros. En effet, les lourdes sanctions découragent la plupart des actions, au vu des amendes pharaoniques ou garde à vue de 21 jours maximum.

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Les Jeux Olympiques de 2020 ne vont pas arranger la situation. Le gouvernement va entamer un nettoyage massif afin d’enjoliver la ville et prouver sa propreté légendaire au monde entier. Un nouveau défi pour les street artistes japonais.

Grâce aux connaissances d’une guide de l’agence Keikaku, j’ai pu arpenter les quartiers de Shibuya, Harajuku et Shinjuku lors d’une soirée et découvrir les tentatives d’art urbain illégales comme dans des endroits temporairement abandonnés, ou plus légales tels sur des murs privés de boutiques. En voici un compte-rendu visuel.

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Le crew de graffeurs le plus renommé n’hésite pas à voyager dans toute l’Asie pour apposer leur blase sur les murs. Henka, addict aux stickers, en est l’une des membres les plus actives.

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281 anti nuke

Surnommé à juste titre le Banksy japonais, l’artiste est un des rares à s’engager dans le combat anti-nucléaire au Japon. Apparu en 2011 après une frustration face à la passivité des japonais et des fausses informations du gouvernement quant au drame de Fukushima, 281 anti nuke souhaite garder son anonymat face aux menaces de mort déjà perçues.

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Fatz

La japonaise de 45 ans n’exerce son art qu’avec l’aide d’autocollants formant un univers enfantin.

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Un grand merci à la guide et l’agence Keikaku pour cette immersion dans l’art de rue à Tokyo.

Solenn Cordroc’h