Au Mexique, la sanglante suprématie d’une culture de l’opium

Les cartels mexicains revendent de l’opium en même temps que la terreur.

Mexique, la guerre de l’opium est un documentaire réalisé par Yann Le Gléau, et que l’on a regardé avec attention sur Arte il y a quelques jours. 

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On y découvre la face cachée de l’industrie qui découle de la culture du pavot, cette petite plante jolie comme tout cultivée pour l’opium qu’elle permet de fabriquer. Si le Mexique est connu pour avoir longtemps été l’axe principal de la cocaïne en direction des Etats-Unis, il est aujourd’hui sombrement célèbre pour les champs de pavot qu’on y trouve à la pelle.

Le documentaire retrace tout le chemin, de la chaîne de production à la vente d’opium, où son exploitation n’a cessé de faire couler le sang des plus faibles. Le pavot permet de fabriquer de l’opium, qui sert ensuite à fabriquer de l’héroïne. Il semble intéressant de savoir que 90% de l’héroïne consommée aux Etats-Unis vient du Mexique. Imaginez donc la quantité de champs que les paysans font pousser sur les terres fertiles de leur pays…! Bien que la police et l’armée affirment mener une véritable chasse au pavot en détruisant sans arrêt de nouveaux champs, tout pousse à croire que ce n’est qu’une illusion. Le manque de communication entre les brigades et la corruption endiguent sévèrement la puissance des forces armées, et laisse donc libre court à l’imagination des cartels mexicains qui rachètent l’opium récupéré dans les plantations, en semant la terreur.

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La police cherche à des kilomètres les champs de pavot, mais leur grand nombre complique la tâche.

Dans l’état de Guerrero à l’ouest du Mexique, la guerre de l’opium fait rage. En 2016, selon le journaliste, au moins 36 000 meurtres ont été commis pour ou à cause de la fleur des champs. La bonne terre de cette région et le manque d’emploi incitent les paysans à se lancer dans la semence de pavot, et s’embrigadent ainsi comme des grands…

Nous, si on sème du pavot, c’est parce qu’on n’a pas le choix. Ici, il n’y a pas de travail. Tout le monde fait ça, c’est le seul moyen de gagner sa vie.
explique un paysan au journaliste

Les cartels ont alors tous les pouvoirs et surtout tous les droits sur ces individus qui ne sont au final, pour eux, que des pions dans le jeu de celui qui sera le plus fort. D’une gravité sans nom, les batailles qui se tiennent dans les villages contrôlés par les cartels poussent les habitants à fuir avant qu’ils ne se fassent attraper. Et s’ils refusent de contribuer à l’économie du cartel, c’est un aller direct pour le cimetière qu’ils gagnent. Dans le documentaire, le journaliste d’Arte rencontre un gangster qui raconte son histoire et sa vie :

Au début je vendais des disques gravés et je donnais un pourcentage au cartel. Une fois que je suis rentré dans le cartel, j’ai commencé à kidnapper des gens. On contrôle, la vente et le transport d’opium dans la région.

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Les habitants innocents fuient mais ne sont jamais à l’abri d’une balle perdue, ou de l’enlèvement d’un de leur enfant que les cartels convertissent en tueur à gage. Ils prennent le contrôle sur tout, et éliminent ceux sur leur chemin, sans pitié, et sans émotion. Tout cela pour contrôler l’ensemble du circuit du trafic de la drogue, avoir la main-mise sur tout le territoire, et gagner le plus d’argent possible.

Quand on enlève quelqu’un, il n’y a aucun moyen qu’il s’échappe. On le met dans la voiture, et sur le trajet on commence à lui mettre des coups. On le menace avec une arme. Ensuite, on l’attache, on le tape encore, des coups de coudes, on lui parle de sa famille. Et une fois arrivé, on tabasse et on le jette par terre. S’il est capricieux, on l’attache à la voiture et on le traîne pour qu’il crache le morceau. Il y a toujours une information à lui soutirer. On ne le met pas dans un trou tant qu’on n’a rien appris. Et ensuite, on en finit avec lui.
explique le membre du gang interrogé par le journaliste

Que l’être humain peut être beau, parfois ! 

À voir et revoir sur Arte ici

 

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