Lucian Perkins a été le témoin d’une scène punk inattendue

Aux côtés de McKay, Perkins a photographié l’époque punk de Washington DC.

Le photo-reporter américain Lucian Perkins a été témoin d’une époque, d’un mouvement et d’une culture underground à l’héritage intouchable : le punk hardcore de Washington DC, aux États-Unis. 

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La médiocrité pour moi c’est traverser la vie en essayant de se faire le plus discret et normal possible, en ayant peur de blesser qui que ce soit et en devenant par là même transparent.
dit Lucian Perkins dans un article à Noisey.

Si la scène punk anglaise était représentée par les Sex Pistols, la scène punk américaine l’a été avec les nombreux groupes de Washington DC au milieu de la décennie 1970. Sous le nouveau gouvernement conservateur de Reagan, les américains se prennent une grande claque dans la tête qui les poussent à revendiquer leur liberté et leur volonté d’agir. Lucian Perkins a grandi à San Fransisco et n’était qu’un adolescent lorsque le punk faisait ses preuves en même temps que le besoin de protester. D’un côté, il y a Lucian qui ne se sépare jamais de son appareil photo et qui se répète en boucle ce mantra :  « Il y a de grands photographes à tous les coins de rue, mais les photographes avec des grandes idées sont rares » (de Robert Gilka, chef du département photo du National Geographic).

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De l’autre, il y a son frère, Ian McKay, directeur du label Dischord Records soucieux d’aider les petits groupes locaux à se développer et à sortir des albums. Quoi de plus logique alors que de voir les deux frères rapprocher leur pratique respective ? 

En 1979, Perkins est stagiaire au Washington Post, le journal quotidien dudit état. Assis dans un café, son attention se porte sur de la musique provenant de l’étage supérieur. Il y va, et c’est la révélation : les Bad Brains sont en train de jouer du punk hardcore. Dès lors, le punk n’aura eu de cesse de se répandre dans des lieux privés, allant des appartements aux MJC en passant par les vieux bars.

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D’ailleurs, Perkins a passé pas mal de temps dans un endroit où les amoureux de hardcore se réunissaient… Madam’s Organ est une maison dans Washington DC faisant office de salle de concert à  n’importe quel groupe, local, petit, grand, noir ou blanc. Qui veut s’y représenter et laisser le public juger de la qualité musicale, le peut. Madam’s Organ est le QG des punks de Washington.

Avec mon frère [Ian McKaye], on est tombé dessus et on est devenu dingue de cette musique. On s’est mis à fréquenter une sorte de squat. C’était d’abord un atelier d’artistes puis les gens se sont mis à y vivre et faire toute sorte de choses. Mais tout est parti des arts visuels en fait. Ce lieu s’appelait Madam’s Organ, le nom existe toujours mais ça n’a plus rien à voir. Ils faisaient des expos mais ont commencé à organiser des concerts pour gagner un peu d’argent.
explique Perkins à Noisey.

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Les Bad Brains, Minor Threat, Void, State of Alert, The Slickee Boys, etc. Toutes ces personnes ont contribué à la construction, l’affirmation et l‘expansion du mouvement punk hardcore de Washington DC, en le rendant mythique mais toujours mystérieux. Avec une extrême sensibilité, les acteurs de la scène hardcore américaine ont porté toute une génération de jeunes qui, encore aujourd’hui, revendiquent fièrement leur histoire et surtout leur jeunesse.

Don’t smoke, don’t drink, don’t fuck.
At least I can fuckin’ think.
extrait du titre Out of step (with the world) des Minor Threat.

À voir : le documentaire « Punk The Capital, Straight From Washington DC », retranchant la Genèse du punk hardcore de l’état américain emblématique.

 

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