Bienvenue à Tulum, le paradis en chute libre

Tulum, une terre promise qui attise les convoitises

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Eau limpide, plages paradisiaques, ancien temple maya, bienvenue à Tulum, le paradis mexicain qui essaie tant bien que mal de garder son charme authentique. A seulement 2h de route de la tumultueuse Cancun, Tulum est devenu en quelques années la destination phare de riches américains néo-hippies. Ancienne ville délaissée, Tulum est un eldorado dépaysant et reposant hautement instagrammable. Détente et spiritualité sont au programme des 120 hôtels bordant la mer. Entre cours de yoga, cocktails à 12$, desserts végétaliens et chants bouddhistes, l’amélioration du moi intérieur exige un porte-monnaie bien épais. Néammoins, face à cette invasion du tourisme haut de gamme et des chambres avec vue à 300$ la nuit, les querelles deviennent légion.

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Le 17 juin 2016, des centaines d’hommes armés de marchettes et gros bâtons se sont amassés devant les hôtels, réclamant leurs terres d’origines. En l’espace de deux heures, les occupants des chambres d’hôtels fûrent sommés de quitter les lieux. La police ne tarda pas à arriver et brandir un avis d’expulsion d’une douzaine de propriétaires sur les 120 hôtels.

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Dans ce spot ultrabranché de Tulum, les terres sont en effet hautement convoitées. Les locaux essaient tant bien que mal de récupérer la terre de leurs ancêtres, car Tulum est devenue à leurs yeux une poule aux oeufs d’or. Une première tentative légale d’achat des terres échoua, faute d’une somme demandée double à l’achat de départ. Les gérants d’hôtels, organisèrent main dans la main avec les agriculteurs, également rejetés de leurs terres, une résistance. L’affrontement se solda par un cuisant échec, car des propriétaires peu scrupuleux rachetèrent les domaines, et restèrent de marbre face aux lamentations des anciens bailleurs expulsés.

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Les touristes inquiets annulèrent leurs reservations, alors que l’économie même de la ville repose sur l’existence de ce tourisme de luxe. Le combat juridique des droits de propriété se poursuit encore et toujours. Sur Instagram, les images tentent encore de vendre un peu de rêve de Tulum, le havre de paix et de bien être. Paradis en devenir ou paradis déchu ? Les célébrités continuent d’y accourir et peuvent également se délecter du menu à 600$ du restaurant éphémère Noma, l’un des meilleurs au monde.

Sources :  The Guardian

 

Solenn Cordroc’h