Le Sri-Lanka, décor de carte postale devenu décharge à ciel ouvert

Des montagnes de déchets entourent les bidonvilles

Est-ce que tu sais à peu près combien de fois par jour tu jettes quelque-chose à la poubelle ? Emballages en papier, nourriture avariée et/ou dont tu ne veux plus, vieux vêtements, appareils électroniques… Tout ce dont on ne veut plus, on s’en débarrasse et ça part à la décharge. Mais dans un pays comme le nôtre c’est moins grave que dans d’autres. À la limite quand les éboueurs font grève l’odeur envahit les rues, mais ça reste encore tolérable comparé à la situation que connaît le Sri-Lanka.

décharge

Là-bas, le problème est autrement plus sérieux. Au nord-est de Colombo, la capitale, se dresse une immense montagne d’ordures. On appelle cette décharge Kolonnawa et elle dépasse par endroits les 90 mètres de hauteur. Et tout autour, des bidonvilles se sont installés progressivement. D’abord ce n’était qu’un rassemblement de petites habitations, qui s’est élargi à n’en plus finir pour former un véritable village aux portes de la ville. Et au beau milieu des montagnes d’ordures. Tu t’imagines toi vivre dans une décharge ? Pas n’importe laquelle en plus, puisque les montagnes d’ordures de Kolonnawa réuniraient pas moins de 23 millions de tonnes de déchets. Auxquelles il faut ajouter les 800 tonnes supplémentaires apportées chaque jour, en provenance directe des grandes villes les plus proches.

Le manque d’argent est le principal facteur explicatif de cette situation. Faute de moyens, l’État sri-lankais ne parvient pas à mettre en place de système efficace de traitement des déchets. Auparavant, les ordures étaient enterrées voire brûlées, mais une autre solution devait être trouvée quand on s’est aperçu de la pollution que ces méthodes entraînaient. La décharge de Kolonnawa pollue cependant tout autant.

décharge

Et vivre ici n’est pas sans risques. Outre l’odeur insupportable qui doit régner et les conditions sanitaires déplorables, la menace est aussi plus insidieuse. Si bien que le week-end dernier, en pleines célébrations du nouvel an tamoul, la montagne s’est effondrée, ravageant 145 habitations du bidonville et tuant plus de 20 personnes, dont des enfants. Fragilisé par la pluie, l’amoncellement de détritus a forcé les habitants à trouver refuge dans des écoles du gouvernement.