L’histoire d’un activisme teinté de rave à l’anglaise

Les anglais rave-nt et luttent ensemble pour l’indépendance de leur culture.

En 1980, la techno débarque en Angleterre et fait vibrer des centaines de personnes devant des caissons de basse des journées et des nuits dans les clubs de la capitale anglaise. Mais devant la vague de popularité qui déferle sur ces fêtes réputées pour être le terrain de jeu de la drogue, le gouvernement Thatcher oblige les clubs à fermer à 2 heures du matin. Le concept des rave party né en réaction à cette mesure drastique, et invite les clubbers et teufeurs à se retrouver non-plus dans des espaces clos, mais dans des endroits éloignés de la ville pour être peinards. Rien de plus simple que faire la fête ensemble, sans barrière sociale ni raciale, devant des murs de sons de plusieurs mètres de haut qui résonnent plusieurs jours d’affilés. La rave devient plus qu’une teuf, c’est une manière de vivre, une sorte d‘idéologie tournée vers l’altruisme et le partage.

Au début de l’année 1994, alors que bon nombre d’entre nous n’était que des enfants, des milliers d’anglais se réunissent à Londres pour marcher contre le Criminal Justice Act. Le gouvernement anglais « interdit les rassemblements de plus de dix personnes pour écouter de la musique répétitive ». La première manifestation citoyenne se déroule dans les rues de Londres, et passe par Trafalgar Square pour faire un maximum de bruit face à une politique de restriction des libertés individuelles. Car si la techno fait saigner les tympans des plus coincés, elle est pourtant le centre d’intérêt commun à des milliers de jeunes désireux de s’amuser, de partager et de se retrouver. Une deuxième marche se tient au même endroit en juillet 1994.

Ce sont ces deux manifestations que le raver et photographe anglais Matthew Smith a immortalisé à l’aide de son appareil photo. Connu pour avoir fait partie de cette culture rave si chère aux années 1990, Matthew Smith s’est aussi intéressé aux festivals, rave et marches citoyennes directement liés à cette sous-culture underground devenue culture à part entière. Sur son site internet, on peut voyager au festival de Glastonbury de 1989, à Nothing Hill la même année, ou encore la Velvet Revolution de 1994.

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En France, une loi a été définitivement votée par le Sénat le 29 mai 2001 après avoir été remaniée par Daniel Vaillant, ministre de l’Intérieur entre 2000 et 2002. Celle-ci stipule que :

Si un rassemblement n’est pas organisé au préalable, et se tiendrait sans déclaration ou malgré une interdiction du préfet, le matériel de son peut être saisi et les organisateurs punis d’une peine de prison et de 7500 euros d’amende.

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Matthew Smith, dont le livre regroupant 25 ans de contestation par la musique s’intitule Exist To Resist, estime avoir pour devoir de prôner la liberté individuelle de la jeunesse. Car pour lui, il faut exister pour résister. Et il n’a vraiment pas tord.

Elisa Barbier