Des japonaises enrôlées de force dans le porno

Quand la promesse d’un succès vire au cauchemar

 

A Tokyo, la gare de Shinjuku est une des plus fréquentées au monde. Chaque jour, elle déverse son lot de voyageurs pressés et uniformes. Pourtant, au printemps 2013, un homme s’arrêta et engagea la conversation avec Kurumin Aroma, une youtubeuse japonaise de 26 ans. L’individu la flatta puis lui proposa de réaliser des shootings photo pour un magazine et d’endosser le rôle de pin-up dans un long-métrage. Une aubaine pour Kurumin dont le rêve le plus cher est de devenir une chanteuse à succès. En contrepartie de cours de chants gratuits, elle accepta et signa alors le contrat de l’agence de talents.

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Une semaine après, l’entretien avec le patron d’une boîte de production vira au cauchemar. Le contrat stipulait bien le tournage d’un film, mais le genre n’était pas spécifié…Pris au piège, elle n’eut d’autre choix que d’accepter de tourner dans un film pornographique. Le premier tournage fût un choc éprouvant, et le calvaire ne pris pas fin de suite. En effet, le patron de la boîte de production l’a força à tourner dans un second film sous peine de menaces financières exorbitantes, avant de s’évaporer…

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Kurumin Aroma a décidé de partager son expérience afin de lever le voile sur ce fléau qui touche nombre de femmes au Japon. Une centaine de victimes, dont des hommes, se sont manifestés en 2016, et pas moins de 20 nouvelles ont réclamé une aide depuis le début de l’année 2017.

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Alors que le sujet reste tabou, le gouvernement japonais a décidé de lancer une campagne de prévention début avril pour alerter la population. Fraîchement débarquées de province, les femmes rêvant d’un avenir radieux sous les cieux du succès, sont plus vulnérables aux propositions mirobolantes de ces « agences de talents ». Lasses, les exemples d’abandon sont légion. Une femme s’est pendue, tandis qu’une autre a subi plusieurs opérations de chirurgie esthétique pour effacer son lourd passé. Heureusement, deux associations, Lighthouse et PAPS s’engagent dans la défense de ces abus en « demandant d’abord la nature de l’aide souhaitée, puis nous lui présentons un avocat de confiance et, suivant les cas, nous la mettons en relation avec une structure sociale, comme un établissement hospitalier ou un refuge » précise Aiki Segawa de Lighthouse.

Une prise de conscience qui, espérons-le, encouragera les nombreuses victimes à sortir de l’ombre et demander de l’aide.