En Turquie, coup d’état et (peut-être) peine de mort

Des purges menées dans tous les domaines

Depuis l’année dernière, ça va mal en Turquie. Petit récap’ rapide si tu n’as pas tout suivi : le 15 juillet 2016, des militaires de l’armée turque tentent de renverser le président au pouvoir, Recep Tayyip Erdogan. Mais ça échoue et du coup depuis rien ne s’est arrangé, bien au contraire. Rien que le soir du coup d’état, 290 personnes sont mortes dans des heurts entre putschistes et forces pro gouvernementales.

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Et depuis qu’on a tenté, sans succès, de le faire tomber, Erdogan cherche partout les responsables du coup d’état. Du coup, plus d’une centaine de généraux de l’armée sont mis à pied ou subissent une enquête. Car une fois prévenu de l’imminence d’un putsch, le gouvernement turc a interdit tout mouvement de troupes et de matériel militaire. Interdiction qui n’a pas été respectée, et Erdogan veut faire payer les responsables. Dans le même temps, 12 000 policiers sont démis de leurs fonctions. Voilà pour l’armée.

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Le président turc semble vouloir attaquer le problème par la racine, à savoir la formation des jeunes esprits. Nouveau coup de balai donc, dans l’enseignement cette fois. Tous les doyens des universités du pays ont été virés, tout comme 21 000 licences d’enseignement qui ont été retirées à leurs détenteurs. Des écoles, universités et hôpitaux entiers ont été fermés. On n’y va pas de main morte de l’autre côté du Bosphore.

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Bien évidemment, les médias souffrent eux aussi de ce climat quelque peu tendu. Maisons d’édition, journaux, chaînes de télévision, magazines, agences de presse… de nombreux organes de presse ont été forcés à s’arrêter, au nom de prétendus liens avec un opposant au président exilé depuis près d’une vingtaine d’années. Sans compter les cartes de presse retirées et les journalistes emprisonnés.

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La prison, des acteurs de la société civile la connaissent aussi. Des centaines de salariés de la Turkish Airlines ont pris la porte, tout comme des « citoyens lambda » simplement parce que leurs enfants fréquentaient des écoles réputées proche de Fethullah Gülen, l’opposant qu’on essaie de rendre responsable de tout du côté d’Ankara.

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Fethullah Gülen, le responsable, selon Erdogan, du coup d’état manqué.

Un référendum va même avoir lieu à l’initiative du président, pour savoir si oui ou non ses pouvoirs seront élargis. Et en cas de victoire, il n’exclut pas de rétablir la peine de mort.