La techno hardcore à la française

Une histoire de corps et de machines

Dans les années 80, à Detroit aux Etats-Unis, le trio Derrick May, Kevin Saunderson et Juan Atkins, va donner vie à l’un des courants majeurs de la musique électronique contemporaine ; la techno. Durant ses premières heures, elle est revendicatrice et cherche à retranscrire l’urgence d’une société en crise. Une seconde vague, également  en provenance de Détroit, amplifiera l’assaut techno sur le monde, avec notamment Jeff Mills ou Robert HoodImportée en Europe dans les années 90, elle va se métamorphoser et se diviser en une flopée de courants, inondant les clubs et prospérant jusqu’à nos jours, au point d’être reconnue comme une culture à part entière, avec ses codes bien à elle. Un BPM qui bat fort et des rythmes lourds, une énergie qui agrippe les corps et les emmène vers la transe, ce sont les traits les plus marquants de cette musique, qui s’est taillée une place de choix dans nos contrées.

Elle entretiendra une love-story intense avec l’Allemagne mais se verra également accaparer par les Pays-Bas, la Belgique, l’Angleterre ou encore la France, devenant au passage plus dure et brutale. Certains artistes s’engouffreront dans le monde des raves afin d’expérimenter leur vision de cette musique. Les BPM s’accéléreront de 160 jusqu’à 220, si ce n’est plus, donnant naissance à la techno hardcore. Des pionniers en donneront des interprétations qui feront école, comme Liza N’Eliaz avec le speedcore ou Paul Elstak avec le gabber.

Côté français, de nombreux artistes feront du style un horizon immanquable de la culture techno, comme Micropoint, composé de DJ Radium et Al Core, dont l’album « Neurophonie » marque un jalon historique et point de départ du son « Frenchcore« . D’autres pionniers comme Laurent Hô, Guillaume Leroux avec son alias Dr.Macabre et bien évidemment Manu Le Malin (initié au hardcore via l’oeuvre de Liza N’Eliaz), permettront à cette mouvance de prospérer et de s’inscrire dans les livres d’histoire, comme une des branches incontournables de la techno. Aujourd’hui, le hardcore continue son odyssée dans l’underground, avec de jeunes labels prometteurs comme la bande derrière Tripalium Records.

À LIRE :   Chaud, les duos hip-hop de la semaine

De nos jours, Manu Le Malin, dont la carrière est un véritable vivier de tracks vertigineux, est justement le grand représentant de ce mouvement dans l’hexagone, avec sa longue carrière et ses projets marquants comme  le percutant « Biomechanik » ou « Hier, Aujourd’hui, Demain« , une collaboration techno-symphonique entre le compositeur de musique classique René Koering, le célèbre DJ hardocre Torgull et Manu lui-même, quelques années avant les expériences similaires de Jeff Mills. Aujourd’hui, il est l’un des représentants à l’international du Hardcore. Il continue d’instaurer au fil de ses projets une vision sensorielle et radicale de la techno, qu’il sera possible de ressentir en live à la Machine du Moulin Rouge le 12 mai, lors de la prochaine Open Minded Party. Pour l’occasion, il sera accompagné des artistes français AZF, Sinus O ou 14anger. De quoi mettre le dancefloor à l’envers !