De la cuisine à la défonce, il n’y a qu’un pas pour le gaz hilarant

Au détour d’un after, on est tombé sur les ballons de proto.

Le protoxyde d’azote, appelé gaz nitreux (N2O) ou plus couramment proto, est utilisé dans l’industrie, en médecine et en cuisine. Et de la cuisine aux poumons pour certains, il n’y a qu’un pas ! Et on vous explique le pourquoi-du-comment.

KIT DE DEMARRAGE

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Dans le milieu culinaire, le protoxyde d’azote s’achète dans des petites capsules de métal que l’on visse à un siphon de chantilly. Une fois la capsule mise en place, le gaz se répand dans la bombone et fait « mousser » le liquide ou la crème contenue dedans. Ça donne par exemple, de la Chantilly ou de la mousse de légumes (au choix).

Le principe est simple : pour se défoncer, il suffit de gonfler un ballon de baudruche avec cette bonbonne, et de l’inhaler. Pendant plusieurs secondes, on respire assez fort et sans s’arrêter, jusqu’à être bien-bien-bien. Et voilà, vous êtes éclatés, et vous ressemblez à des personnes complètement à l’Ouest, qui s’écroulent de tout leur long sur le canapé. On passe les yeux révulsés, dignes d’un mauvais film d’horreur. Bref, c’est peut-être la folie à vivre, mais à voir, on s’en passera volontiers.

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Le proto est pourtant victime de son succès depuis quelques années, notamment en Angleterre où les ballons se vendent à prix – presque – d’or devant les clubs. Les vendeurs à la sauvette se bousculent devant les sorties, et les rues sont jonchées de ballons tout fripés côtoyant allègrement des capsules métallisées. Ce n’est pas pour rien que le proto est surnommé le hippy crack. Le problème pour les autorités publiques de Londres, c’est bien le fait que les capsules sont disponibles en vente légale, car à l’origine destiné à la cuisine ! Seule solution : tenter d’empêcher les vendeurs à la sauvette de refourguer sans scrupules leurs ballons. En Angleterre en 2014, selon le journal The Independant, plus de 500 000 jeunes affirmaient consommer régulièrement du proto. En juillet de la même année, c’est un ressortissant du Royaume-Unis en pleine rapta (= teuf) à Sète qui s’est vu finir noyé dans la mer après avoir inhalé trop de gaz. Et entre 2006 et 2012, 17 jeunes anglais sont décédés pour la même raison, selon Stephen Ream, directeur de Re-Solv, une association caritative pour la prévention de la consommation de substances volatiles (dans un article des Inrocks).

Les cas de décès cites précédemment ne sont pas dus à une sur-consommation de gaz, mais à l’utilisation d’un matériel inapproprié, à savoir des masques et du gaz destinés à un usage médical. No stress, le proto n’est pas mortel. En attendant, il peut rendre dépendant, et altérer considérablement les petits neurones des consommateurs…

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Attention donc à :

  • ne pas respirer directement depuis la cartouche
  • ne pas être près d’une source de chaleur, le gaz explose
  • rester assis pour éviter de se casser la margoulette et de se blesser à la tête
  • ne pas conduire
  • ne pas abuser du proto !
  • utiliser des ballons de baudruche et pas autre chose, s’il-vous-plaît
Même si nous avons conscience que l’expérimentation est synonyme d’excitation, il est toujours mieux de ne rien prendre de potentiellement nocif pour vos corps, les petits choux.
Consommez responsables !

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