Khun Sa, le « Roi de l’Opium »

Khun Sa, un général indépendantiste et baron de la drogue dans le triangle d’or

Chang Si-Fu, plus connu sous le nom de Khun Sa fut le baron du trafic d’opium pendant 20 ans, dirigeant le trafic international entre le triangle d’or et le reste du monde.

Orphelin à 6 ans, il devient par la suite général para-militaire d’une milice pro birmane de 100 hommes dans la région du triangle d’or en 1950. En 1964, il prit le contrôle d’une grande partie de l’État Shan situé au Myanmar, à la frontière entre la région chinoise du Yunnan, la région Chiang Rai en Thaïlande et le Laos, dans laquelle il commença à produire de l’opium à grande échelle.

Khun Sa se lance dans une « guerre de l’opium » en 1967 dans la région du triangle d’or pour détenir le monopole de la marchandise. Capturé le 20 octobre 1969, il est relâché le 7 septembre 1974, en échange de deux otages médecins originaires de l’URSS. Il reste pourtant sous surveillance étroite du gouvernement birman à Mandalay, jusqu’à sa fuite le 7 février 1976. Regagnant premièrement son territoire de l’État Shan, il rejoint par la suite Ban Hintaek où il reprit la main sur le trafic d’opium. Il rebaptisa sa milice « Armée Shan Unie » et lutta pour une autonomie Shan vis-à-vis du gouvernement central. Entre 1985 et 1995, il devint le commandant en chef de la Mong Tai Army, milice para-militaire des indépendantistes de la région Shan comptant pas moins de 20 000 combattants dont des enfants soldats.

Entre 1974 et 1994, la DEA considère que l’héroïne provenant de la région du triangle d’or, vendue dans la rues de New York a augmenté de 5% à 80%, et que cette héroïne était à 90% pure, soit, la plus pure du marché. C’est ainsi le chef de guerre Khun Sa qui détenait le quasi monopole du trafic d’opium dans le triangle d’or exportant ainsi des tonnes de produits opiacé à l’international.

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Business man et tyran, on raconte qu’il aurait fait fusiller 200 paysans refusant de lui livrer leurs récoltes de pavot. Le « Roi de l’Opium » fut interviewé par Stephen Rice, un journaliste australien, à qui il énonça vouloir vendre l’intégralité de sa récolte de pavot sur 8 ans au gouvernement australien. Cette proposition moyennant le prix de 50 millions de dollars, aurait permis de détruire le commerce d’opiacé en Australie et aux États-Unis. Tu t’en doutes, le gouvernement australien a décliné l’offre. Cette proposition tenait aussi pour le gouvernement américain qui, la décline à son tour. Après avoir tenté d’acheminer 1 000 tonnes d’héroïne aux États-Unis, Khun Sa est dans la ligne de mire du FBI qui lance en 1990 un mandat d’arrêt international contre le narco-trafiquant.

Sous promesse de ne pas être extradé vers les États-Unis, Khun Sa se rendit aux autorités birmanes le 7 janvier 1996. Il ne fut ni incarcéré, ni extradé, seulement laissé sous « protection militaire » à la base de Ye Kyi Aing. Il décède le 26 octobre 2007 à Rangoon en Birmanie, mais sa mort ne stoppa pas la culture, la production et l’exportation d’opiacé provenant du triangle d’or.

Michel-Angelo