On a visité 42, le musée du street art à Paris

De l’art urbain dans une école informatique ? Le combo fonctionne à merveille !

La première question qui nous traverse l’esprit quand nous pénétrons dans le hall de l’école 42 est la suivante : Mais où sommes-nous donc? 42 est à la fois un musée d’art urbain et une école où officient les futurs grands de l’informatique. Trèves de pensées, nous retrouvons la curatrice du musée, Alisa qui nous aiguille tout au long de la visite avec une indéfectible passion.

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Au rez-de-chaussée, des skates jonchent le sol et dénotent en-dessous d’œuvres de Shepard Fairey ou encore Invader. Ce hall d’accueil vaut le détour pour ses grands noms de l’art urbain et étonne dès son arrivée les visiteurs. Chaque élève sortant des locaux avec un badge se voit souhaiter une bonne soirée par le portillon à la voix étrangement proche de Google. Cet école-musée, véritable vaisseau à trois étages, est digne d’une entreprise à l’américaine et dénote positivement dans le paysage parisien.

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Officiellement ouvert depuis le 1er octobre 2016 lors de la manifestation artistique de la Nuit Blanche, 42 propose gratuitement des visites, prises d’assaut, organisées par des étudiants volontaires de l’école tous les mardi soirs et samedi matins. On reproche souvent à 42 son absence d’artistes confirmés, alors que le musée n’est en soi que la collection personnelle et donc subjective de Nicolas Laugero Lasserre. Désireux d’offrir au plus grand nombre la possibilité d’admirer de l’art en dehors des codes classiques, sa collection se compose de 150 œuvres de 50 artistes français et étrangers.

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Si les oeuvres impressionnent tous les amateurs d’arts, c’est surtout le lieu et la cohabitation des deux entités qui nous ravit. En entrant dans les différentes salles, le silence est seulement perturbé par les chuchotements des élèves et mains tapant frénétiquement les touches des claviers d’ordinateurs. Les écrans, noirs de lignes de code, restent pour la plupart d’entre nous un bien étrange labyrinthe pour la matière grise. Les élèves de cette anti-école fondée par Xavier Niel, cohabitent en toute tranquillité avec les œuvres d’art urbain. Les fresques de Monkey Bird envahissent les escaliers et côtoient les serviettes qui sèchent sur les rambardes. Ouvert 24h/24h, les élèves lavent le trop plein de stress sous les douches, dans ce lieu qui pourrait s’apparenter à une colonie de vacances, si l’atmosphère n’était pas aussi paisible et studieuse. Quelques élèves prennent néanmoins le temps d’une pause à la cafétéria, ou devant une partie de jeux vidéos, d’ores et déjà familier avec la déco arty.

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Une visite atypique dans ce lieu hors du commun où l’informatique ne fait plus qu’un avec l’art urbain.