Les trop jeunes filles et l’industrie du porno sur Internet

La face cachée d’une industrie en pleine explosion : le porno sur Internet.

Le 21ème siècle, c’est Internet, la technologie, l’effacement des frontières, l’accessibilité, l’ouverture au monde et l’argent. Alors quand le porno rencontre Internet, cela donne lieu à des phénomènes auparavant « inexistants » mais aujourd’hui trop courants. Dans le documentaire Hot Girls Wanted, Jill Bauer et Ronna Gradus rencontrent des jeunes filles âgées de 18 à 21 ans qui gagnent de l’argent en tournant des vidéos pornographiques pour des sites Internet. 

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Hot Girls Wanted, c’est le titre d’une des nombreuses petites annonces mises en ligne sur le site Craiglist (l’équivalent de notre Bon Coin) par des maquereaux amateurs à la recherche de nouvelles filles. Tressa, Rachel et Belle sont les prénoms de plusieurs des cinq filles que les réalisatrices, d’anciennes journalistes américaines, vont suivre pendant plusieurs semaines.

 

Je veux être célèbre, alors je fais ce que j’ai à faire.
Rachel Bernard, 19 ans, actrice amatrice porno

 

Le documentaire est ponctué de données relatives à la « consommation » du porno sur le web pour contrebalancer le semblant de joie que l’on peut voir sur le visage des filles. A à peine 18 ans, elles partent de chez leurs parents pour habiter chez des mac qui gèrent des agences de modèles sexuels, comme ici Hussie Models. Puis tout va très vite. Une fille reçoit un SMS lui annonçant le lieu, la date et l’heure de son prochain tournage, ainsi que ce qu’elle devra faire et combien elle gagnera. En général, aucune ne refuse de tourner.
Le type de film que la plupart des filles tourne dès leur arrivée dans le milieu consiste en une scène de fellation où l’objectif de l’homme est de la faire vomir. Cette pratique s’appelle le facial abuse, et a lancé la « carrière » de Belle Knox par exemple, étudiante et actrice porno la plus célèbre des États-Unis.

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S’il a fait polémique lors de sa projection au Sundance en 2015, Hot Girls Wanted fait réfléchir. Il montre avec un point de vue neutre la réalité d’une industrie obsolète grandissante sur Internet : les quatre sites porno les plus populaires accueillent plus de 41 millions de visiteurs par mois, et les recherches les plus courantes sont « Teen » et « Violence ». Les réalisatrices, en laissant la parole aux filles, racontent le paradoxe de ce « métier » 2.0, où l’argent et la célébrité sont les uniques motifs pour lesquels les filles intègrent le marché du sexe. Dans le porno amateur sur Internet, deux vidéos sont payées environ 2 500$. Bien peu pour l’objet du gain, mais beaucoup pour ces jeunes filles peut-être un peu perdues, désireuses d’avoir ce dont elles rêvent.

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Rachel sur un tournage.

Chaque jour, des adolescentes de plus en plus nombreuses contactent des macs via des petites annonces pour tourner dans des vidéos courtes pornographiques, et s’exposent sans le savoir à une violence sexuelle quotidienne, au rejet de leur famille, et à une image d’elles-mêmes ternie pour toujours.

Hot Girls Wanted,
de Jill Bauer et Ronna Gradus en 2015
À voir sur Netflix.