La maille pousse sous les pavés parisiens

Margaux Sainte-Lagüe, offrez-vous de la caillasse pour 60€

En 1975, lassé d’entendre les complaintes de ses collègues à propos de leurs animaux de compagnie, l’américain Gary Dahl lança Rock Bottom Productions, visant à transformer de simples cailloux en cailloux domestiques. Pour 3,95 $ vous pouviez ainsi acheter un cailloux domestique livré dans une boîte en forme de cage pour animaux avec un Pet Rock Training Manual inclus. Après la chute du mur de Berlin en 1989, le commerce de débris du mur devint petit à petit un business florissant pour les magasins de souvenirs ainsi que pour les vendeurs à la sauvette. Désormais, nous avons notre propre vendeuse de cailloux parisien grâce à la jeune entrepreneuse Margaux Sainte-Lagüe.

En juin 2016, cette parisienne chute de son vespa sur le rond-point des Champs Élysée et tombe nez-à-nez avec un des emblématiques pavés de notre capitale.

Les premiers pavés ont été posés sous l’initiative du souverain capétien Philippe Auguste en 1181. Lors des émeutes de mai 1968 ils sont utilisés comme projectiles par les manifestants pour caillasser les forces de l’ordre et sont par la suite majoritairement retirés et remplacés par du bitume pour éviter de réitérer ce genre d’affrontement.

Après sa chute, Margaux Sainte-Lagüe ramasse l’ornement de la voirie désirant conserver son souvenir pour l’exposer, puis flippant de passer cinq années au trou pour acte de vandalisme elle se renseigne sur la démarche d’acquisition auprès de la mairie de Paris. Ne pouvant pas acheter ce morceau à l’unité, elle en achète alors cinq tonnes (minimum vendu par les services techniques de la ville de Paris) c’est à dire approximativement 2 500 petits cubes dans le but de les personnaliser et de les vendre en tant que souvenir du patrimoine national. Ainsi, ces petits blocs sont lavés, retravaillés, encordés, peints et étiquetés avec la mention Pavé Parisien, pour ensuite être revendu sur son site. On peut ainsi y acheter un morceau de granite dit « classique » doté de l’inscription « Mon Pavé Parisien » peint en bleu, blanc, rouge pour la « modique » somme de 60€ ; le modèle « mon pavé mai 68 » sur lequel est inscrit avec les couleurs de notre drapeau national : « Sous les pavés » et recouvert de sable sur sa basse face (pour suggérer « la plage », slogan soixante-huitard clamant le désir de liberté) pour le prix de 80€ ; ainsi que l’édition « Mon pavé or parisien » cette fois aucune couleur de l’étendard mais doré à la feuille d’or véritable 22,5 carats vendu pour la somme exceptionnelle de 150€.

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Si vous avez un souvenir à offrir à des « amis », oubliez la traditionnelle bouteille de vin ou le fromage, vous pouvez désormais leur offrir un bout de notre espace pédestre.