Paris et le street art avec Kashink

Kashink a parlé et dessiné avec nous autour d’un bon vin chaud, au sujet de son amour pour Paris.

Autour d’un vin chaud, d’un chocolat et d’un Virgin Mojito, on a rencontré Kashink, figure emblématique du street art parisien. On la connaît pour ses personnages colorés au style traditionnel folklorique, surmontés de punchline à tendance féministe. Bousculer les normes à travers le street art, c’est là toute l’essence de Kashink. On a voulu mieux la connaître, pas seulement à travers son travail, mais aussi au fil de ses habitudes. Et tout ça, en dessin !

kashink

Elisa_ Peux-tu nous parler de ton parcours ? Comment en es-tu arrivée ici ? 

Kashink_ Après plusieurs années d’études suivies à la fac, j’ai cumulé plein de petits boulots pour gagner ma vie et explorer plein de trucs. Étant artiste, au fond de moi, j’étais frustrée…Alors, j’ai décidé de tout quitter et de me lancer dans la peinture. En décor au début, car je savais à quel point il peut être difficile de gagner sa vie avec l’art ! Dès que j’ai eu un peu de blé, j’en ai profité pour voyager et peindre.

E_ Ton travail est engagé, d’ailleurs tu parles de Funtivism, contraction de fun et activisme. Jusqu’où l’art peut-il aller pour dénoncer, critiquer et sensibiliser ?

K_ À mes débuts, je n’étais pas vraiment activiste. Dans mes premiers travaux, je questionnais la relation entre le spirituel et l’humain. Cela m’a amenée à réfléchir sur l’identité, avec le désir de casser les stéréotypes. Et depuis un peu plus de 3 ans, je ne sors plus sans ma moustache ! 

E_  Tu bouges pas mal en ce moment pour peindre, comme dernièrement Abidjan, Détroit, Belfast etc. Penses-tu qu’il est du rôle de l’artiste de partager et diffuser un message ? 

K_ La dimension universelle et facile à comprendre est importante pour moi, et le message simple, percutant, tout en étant attrayant grâce aux couleurs. Derrière cette première impression, se cache un message vrai et profond. Je pense que mon devoir est d’amener les gens à réfléchir. Avec tout ce qu’il se passe aujourd’hui dans le monde et en France, il est nécessaire, voire vital de développer des choses positives, ne serait-ce que pour offrir aux gens un sourire.    

E_ Ton tout premier livre auto-éditié vient de sortir, avec notamment 150 pages uniquement dédiées à Paris.
Pour parler de ta relation à la capitale française, on te propose de raconter tes bons plans, tes recommandations et tes coups de coeur avec des illustrations ! 

Et  voilà le résultat.

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E_ Dans quel bar aller pour faire la fête et quoi boire ?

K_ La porte secrète d’un bar qui s’appelle La Candelaria, qui fait aussi des tacos. Et à l’intérieur, il y a une porte secrète et un bar à cocktail secret. Ils ont des bons cocktails et c’est un endroit assez inattendu. Ils font toujours des cocktails un peu stylés, et tu as toujours des gars avec des vêtements rétro et des moustaches

E_ Où décompresser du stress de la semaine ?

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K_ Sur la petite ceinture. C’est une voie de chemin ferré abandonnée. C’est de la tuerie ! C’est encore à l’état sauvage. Franchement, j’adore parce qu’il y a des murets avec des potagers. Il y a de l’agriculture urbaine dans ce coin. C’est quasiment la campagne parce qu’il y a des potagers chelous. Et sur les murs, il a du graffiti partout. J’y ai déjà peint, et sinon tu peux faire des barbecues ! Et tout ça gratuitement en toute tranquillité.

E_ Où vas-tu manger quand tu as envie de te faire plaisir ?

K_ L’endroit a fermé mais il faisait des brochettes chinoises. C’était trop bon putain mais dommage ça a fermé il y a pas longtemps. C’était mon restaurant de réconfort ! Ou Nan Chang, vu qu’ils ont des brochettes similaires.

E_ Où avoir la meilleure vue de Paris ?

K_ Le parc de Belleville. Déjà j’adore ce quartier. Et tu as une vue sur Paris gigantesque ! 

E_ Ta rue préférée ?

K_ La rue Saint-Blaise putain ! C’est ma rue quoi ! À la base c’est un quartier chaud. J’y habite depuis 13 ans. C’est un quartier populaire comme je les aime, c’est le Paris à la fois de quartier et de vieux Paris. C’est une rue semi-piétonne donc y’a ce petit côté village presque. Maintenant, c’est beaucoup plus calme qu’avant.

E_ Une galerie à absolument visiter ?

K_ Le musée du Quai Branly, mon musée préféré. Parce que tu as tout ce qui est art tribal, masques, totems de toutes les cultures traditionnels. Ça me parle.

E_ Quoi danser et où, all night long ?  

K_ Là, en ce moment y’a un revival de gabber. Le collectif Casual Gabberz organise des soirées, et je suis allée à plusieurs d’entre elles. J’aime bien vu qu’il y a un côté un peu rétro ! Et c’est all night long parce que c’est de le gabber donc faut se préparer…. Ahah ! 

E_ Un spot de graffiti libre à Paris ?

K_ J’ai bien envie de te dire la petite ceinture parce que c’est le seul qui reste un peu, encore. Sinon il y a les Frigos, plus les murs tout autour. Je me suis déjà faite arrêtée là-bas donc je ne conseillerais pas ce spot aux nouveaux graffeurs.. Mais je dirais au moins pour jeter un coup d’œil, un des derniers endroits un peu « wild » à Paris.

E_ Un endroit entre ciel et terre ?

K_ Le petit parc qui est en haut de ma rue. C’est mon petit coin de paradis. Je vais pas te donner le nom, il est top secret (rires) ! Entre ciel et terre parce que il n’y a quasiment personne qui y va et il y a un espèce de petit passage secret qui t’emmène sur une terrasse pas désherbée. Et tu t’allonges là, tu fumes ton bédo et tu bois ton petit jus, entre ciel et terre.

Merci à Kashink, c’était une belle rencontre.
Peace & girl power
<3
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