Le mouvement Skinhead des années 80 : Apogée et divisions

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Les années 80 : Skinheads, Boneheads, Sharp et RedSkins.

Nous revoilà en Angleterre vers la fin des années 70, soit presque une dizaine d’années après la naissance du mouvement Skinhead. Celui-ci a subit un léger déclin durant cette période mais retrouve peu à peu un second souffle. Cependant le contexte économique et social n’est plus le même qu’à sa création. Suites à différents facteurs, l’économie s’est contractée et le niveau de vie est tiré vers le bas tandis que la misère prolifère. Et souvent quand la prospérité fait défaut, les mouvements ont tendance à se radicaliser et les extrêmes émergent et séduisent. En signe de contestation face à cette crise, de nombreux jeunes issus de la classe ouvrière se rassemblent derrière le discours du « National Front », le parti d’extrême droite Anglais, alors au plus haut. C’est dans ce climat délétère, vers 1979, que la frange Skinhead d’extrême droite se fédère et trouve son identité sous l’impulsion du groupe de (sorte de Punk ouvrier) Skrewdriver et de leur chanteur Ian Stuart.

(Ambiance…)

Au programme, textes et tatouages à la gloire d’Hitler et du Nazisme et des actes de violences sur de nombreuses communautés (communistes, hippies, gais etc.). Sans oublier les attaques répétées à l’encontre de la communauté Pakistanaise (le Paki-bashing). Toutes ces actions menées par cette dérive du mouvement participeront à la mauvaise réputation de celui-ci et qui, hélas, perdure encore aujourd’hui. A tel point que, très rapidement, ils se feront appeler les « Boneheads » (argot pour crétin) par les autres Skinheads, histoire de les marginaliser.

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Bref, le mariage est consommé.

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Bien évidemment, tandis que le mouvement s’exporte, vers le milieu des années 80, hors des frontières du Royaume-Uni à travers le Punk, la Oï et le Ska, des groupes Skinheads antiracistes se forment en opposition aux Boneheads. D’abord le SAN (Skinheads against the Nazis) en Angleterre, Puis le SHARP (Skinheads Against Racial Prejudice) en 1987 à New York. Le mouvement se veut antiraciste et apolitique mais très patriotique. Il finira par gagner l’Europe vers 1989 et notamment l’Angleterre et la France, sans oublier l’Allemagne qui fait face à une montée de l’extrême droite suite à la chute récente du mur de Berlin.

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Le milieu des années 90 verra l’apparition d’une des dernières ramifications majeures ; les RedSkins (Red and Anarchist Skinheads) qui rassemble les Skinheads communistes et anarchistes. Puis le mouvement dans sa globalité, et du fait de toutes ses divisons, va se stabiliser et s’essouffler quelque peu, ce qui ne l’empêche pas pour autant d’exister sous toutes ses formes encore de nos jours.