El Niño de las Pinturas: street art andalou à Grenade

Bienvenue à Grenade: un musée street art à ciel ouvert

Grenade, l’andalouse, célèbre pour ses courbes orientales splendidement illustrées par son majestueux palais de l’Alhambra, révèle un tout autre esthétisme bien plus « street » qui conserve le même esprit lumineux et coloré.

Alors que les visiteurs s’entassent dans les files d’attente interminables des sites touristiques, un quartier calme et tranquille offre un panorama de graffitis à la bombe et de fresques murales qui ornent les casas des locaux, habitués à la signature de son maître: El Niño de las Pinturas. Bienvenue à Realejo, le barrio devenu l’immense terrain de jeu du plus célèbre graffeur andalou.

El nino

El Niño de las Pinturas, de son vrai nom Raúl Ruiz, a passé son enfance en Andalousie et a étudié aux Bellas Artes même s’il affirme ne pas avoir besoin de professeurs: « mes maîtres, ce sont les rues« . Depuis les 90s, il propose au regard curieux des passants ses œuvres murales même s’il se livre à un véritable bras de fer avec la Mairie qui fait disparaître certaines de ses fresques sous une triste peinture blanche. Quand bien même, l’artiste trouve toujours un bar à tapas ou un commerce pour accueillir ses dessins.

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El nino

L’humain reste sa principale inspiration. Enfants, adolescents ou vieillards recouvrent les murs dans les rues étroites du quartier. L’artiste s’intéresse particulièrement aux sentiments trahis par les expressions du visage: désarroi, peur, désinvolture ou joie, chaque graff’ raconte une émotion.

El nino El nino El nino

La plupart de ses fresques s’accompagnent de messages poétiques et/ou philosophiques, l’occasion pour l’artiste d’exprimer ses réflexions:  « el mundo està oscuro… ilumina tu parte«  (« Le monde est obscure… alors rends-toi lumineux »); « Cansado de no encontrar respuestas, decidí cambiar mis preguntas«  (« Fatigué de ne pas trouver de réponses, j’ai décidé de changer mes questions »); « ¿quizás el materialismo se está apoderando de nuestras alias?«  (« Le matérialisme se serait-il emparé de nos âmes? »).

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Le graffeur ne s’est pas arrêté à sa région d’origine pour exprimer son art de rue. Plus de 2.000 murs portent sa signature à travers le monde. De San Francisco à Berlin, il s’est offert plusieurs escales: Argentine, Venezuela, Mexique, Hongrie, France ou encore la Belgique. Qu’importe l’endroit, « le graff’ en lui-même est une réponse à la réalité sociale », confie l’artiste.

 

 

 

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