Et Bayer utilisa des « lots de femmes » comme cobayes

Bayer a acheté des êtres humains par lot pour tester ses médicaments.

bayer

Groupe pharmaceutique allemand et leader de son marché, Bayer est connu pour faire l’objet de nombreux scandales, dont un bien plus grave que les autres. 

Depuis sa création en 1863, la firme et sa fortune atteignent aujourd’hui des sommets avec un chiffre d’affaire en 2009 à 31 168 milliards d’euros. Et entre la découverte de l’héroïne, la fabrication du gaz moutarde utilisé comme arme chimique pendant la Première Guerre Mondiale, et le tabun, un gaz neurologique, Bayer a trouvé le temps de d’acheter des « lots de femmes » déportées entre 1943 et 1945 à Auschwitz.

bayer

Pour faire quoi ? Des choses pas très catholiques, on s’en doute bien. Déportés au camp de concentration d’Auschwitz en Pologne, ces êtres humains sont « achetés » puis « utilisés » par la firme afin de procéder à des expériences médicales à caractère confidentiel. En gros, ce sont des cobayes médicaux.
Ce scandale a été largué comme un boulet de canon grâce à des extraits de lettres publiées dans le numéro de février 1947 du journal français Patriote Résistant. Ces cinq lettres destinées au commandant du camp d’Auschwitz rédigées par le groupe Bayer ont été retrouvées par un régiment de l’Armée soviétique au cours de la libération du camp le 27 janvier 1945. Et leur contenu fait plutôt froid dans le dos.

Première lettre
 » En vue d’expérimenter un soporifique, vous serait-il possible de mettre à notre disposition quelques femmes et à quelles conditions ? Toutes les formalités concernant le transfert de ces femmes seront faites par nous. « 

Deuxième lettre
 » Nous accusons réception de votre lettre. Considérant le prix de 200 marks exagéré, nous offrons 170 marks par sujet, nous aurions besoin de 150 femmes.  » (170 marks allemand équivalent à environ 86€)

Troisième lettre
 » D’accord pour le prix convenu. Veuillez donc faire préparer un lot de 150 femmes saines que nous enverrons chercher très prochainement. « 

Quatrième lettre
 » Nous sommes en possession du lot de 150 femmes. Votre choix est satisfaisant quoique les sujets soient très amaigris et affaiblis. Nous vous tiendrons au courant du résultat des expériences. « 

Cinquième lettre
 » Les expériences n’ont pas été concluantes. Les sujets sont morts. Nous vous écrirons prochainement pour vous demander de préparer un autre lot. « 

À LIRE :   Un journal télévisé en rap à Madagascar

Justice a-t-elle été faite ? Plus ou moins, lors du procès de Nuremberg le 20 novembre 1945 où furent jugé les criminels de guerre. Au cours du Procès IG Farben (un autre groupe pharmaceutique) dont Bayer était une filiale, les dirigeants sont condamnés pour crime de guerre à des peines allant de 6 mois à 6 ans de prison, et l’entreprise est démantelée.
Mais il semble que mettre fin à de telles pratiques expérimentales est une chose bien complexe…voire impossible.
Entre 1978 et 1985, le géant tueur aurait écoulé des litres de produits sanguins transmettant le VIH à plusieurs milliers de transfusés. En 2001, notre entreprise pharmaceutique préférée retire du marché un médicament contre le cholestérol, le Baycol, car il serait responsable de destructions musculaires portant à la mort 31 personnes en Amérique, et 50 dans le monde entier.
Et la liste est encore longue…