ZEVS s’expose cet hiver

L’art urbain et la critique font bon ménage à Paris.

ZEVS, c’est un français qui fait de l’art urbain depuis les années 1990. Et il fait pas rire les mouettes, je vous le dis…!
À ses débuts, il joue avec le mobilier urbain et dessine les contours des ombres qu’il voit à l’aide de peinture blanche spéciale pour le bitume. De nuit, les ombres sont mises en valeur et deviennent illustrations elles-mêmes.
Ensuite, ZEVS pose sur les murs à l’aide d’un karcher et parfois d’une encre visible avec des ultra violets. C’est d’une certaine manière, les prémices d’un regard critique sur l’environnement politique et économique de la ville et de notre société…
artcritique
Le vice est poussé à partir de 2001, avec son projet Visual Attacks à travers lequel il porte son attention sur les encarts publicitaires visibles dans les rues. Première action: faire un bon point rouge dégoulinant de peinture au milieu du front des mannequins sur les publicités, comme si elles aient été assassinées.
Seconde action (encore plus gonflée): la prise en otage de l’image du mannequin égérie des cafés Lavazza. Génial, non ? Il pique l’affiche de seulement 20 mètres de haut, tranquillement, pour y laisser une belle leçon de provocation : « VISUAL KIDNAPPING PAY NOW!!! » est posé à la place de l’affiche. La Rebell Minds Gallery de Berlin présentera ensuite la vidéo du kidnapping, après quoi ZEVS trouvera l’audace de demander 500 000 euros en guise de rançon au PDG italien de Lavazza.
artcritique
Après les affiches, ZEVS s’attaque aux logos des grandes marques multinationales que sont Mc Donalds, Facebook, Nike, Chanel, Louis Vuitton, Hermès, Google, et plus si affinités. Sur des toiles, il représente le logo et le fait dégouliner de peinture. Un peu comme si les logos transpiraient tout l’argent que les marques qu’ils représentent nous prennent. Mais le mieux reste à venir… L’artiste intervient directement sur les devantures des grandes enseignes de consommation, et défonce le logo à base de litres de peinture. Tout cela de nuit, bien sûr. Son regard contestataire lui a valu quelques jours de prison à Hong-Kong en 2009 après avoir retouché le logo Chanel sur une boutique Armani. Et ce qui est plutôt drôle, c’est de savoir qu’au même moment, Armani faisait repeindre ses vitrines de Londres par des graffeurs. Car son but, c’est de « soulever la question de la liberté d’expression et du contrôle des grandes marques sur notre vie quotidienne ». Et je crois qu’il y arrive plutôt bien, quitte à risquer quelque chose.
artcritique artcritique   artcritique artcritique
Il ne te reste maintenant plus qu’à foncer au château de Vincennes pour voir l’exposition Noir Eclair où tu trouveras une bonne partie du travail de ZEVS.
Cet évènement questionne notamment le rapport entre art urbain et contemporain, et sur leur interaction.
En plus de l’espace d’exposition, le château de Vincennes propose des activités ponctuelles qui sont plutôt alléchantes… Voici les dates, parce qu’on t’aime trop !
 18 octobre à 18:00
Rencontre-signature avec l’artiste dans le cadre du lancement du catalogue
 24 novembre à 18:00
Présentation du film Graffiti : peintres et vandales d’Amine Bouziane et discussion avec le réalisateur et les commissaires autour de l’exposition
15 décembre à 18:00
Rencontre avec ZEVS
14 janvier à 15:00
Table ronde sur l’idée « Du street-art à l’art contemporain »
Informations complémentaires 
Exposition ouverte touts les jours de 10:00 à 17:00.
Attention aux jours de fermeture exceptionnelles à vérifier sur le site.
P.S.: Récompense pour ceux qui ont lu jusqu’en bas ! ZEVS tient son nom d’artiste du RER A « ZEVS » qui faillit de l’écraser en 2002 lorsqu’il posait un graffiti. 😉

 

À LIRE :   Pre NYE: Derrick Carter, Trus'me, Valentino Mora (French Fries)