Malnutrition et malversation alimentaire en Sierra Leone

L’aile ou la cuisse …

La Sierra Leone est un des pays le plus pauvres de la planète. Fin juillet, des heurts ont eu lieu entre les résidents de la capitale, Freetown, et les forces de l’ordre. La cause ? Des poulets avariés.

Des milliers de personnes, équipées de pelles et de pioches se sont rassemblés à Freetown pour déterrer des poulets considérés comme avariés par les autorités sanitaires. Les volailles, en provenance du Brésil avaient été enterrées dans un terrain proche de la capitale.

Mais les habitants, affamés ont pris le risque de les déterrer et de les manger bien que le gouvernement ait mis en garde la population sur les risques.

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La police a ensuite dispersé les résidents avec du gaz lacrymogène et des grenades assourdissantes pour empêcher les gens de se saisir des volailles et surtout de revenir après le départ de la police. 40 arrestations ont été enregistrées et les autorités locales ont ajouté que 3/4 des volailles étaient recouvertes de boue et enterrés aux côtés d’os humains et de déchets industriels. Des résidents de Freetown ont pourtant déclaré vouloir « laver, manger et profiter des volailles durant le souper familiale ».

Des ONG locales demandent à ce que l’état arrête et condamne l’homme d’affaire ayant importé le poulet avarié. Les autorités sanitaires craignent que les habitants ne contractent des maladies. Surtout que le pays se remet à peine de l’épidémie d’ebola ayant fait plus de 4.000 victimes.

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Les ONG évoquent dans de nombreux rapports le manque d’hygiène vis à vis de la viande, des fruits et des légumes congelés et en provenance de l’étranger. Les autorités exhortent les habitants à manger immédiatement tout aliment décongelé. Mais ces consignes tombent dans l’oreille d’un sourd au vu des nombreuses épidémies qui touchent le pays depuis 30 ans. Choléra, typhus, ebola, paludisme, tuberculose pour ne citer qu’elles.

Environ 75% des habitants de Sierra Leone vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté. Le taux de chômage y est très élevé et la population souffre de malnutrition. En outre, le taux d’alphabétisation est extrêmement faible et peu d’enfant fréquentent les bancs de l’école. C’est cette précarité qui a poussé les malheureux habitants d’un bidonville de freetown à se jeter sur des poulets avariés.

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Le gouvernement a tout de même annoncé vouloir lutter contre ce commerce malhonnête et inéquitable. Il a annoncé des sanctions à l’encontre de toute entreprise exportant de la nourriture impropre à la consommation en Sierra Leone. « Notre pays n’est pas une poubelle », a déclaré Ernest Bai Korona, le président du pays.

 

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