Fanzara: quand le street art sauve un village de retraités

Fanzara

Le village espagnol Fanzara fait peau neuve

Situé au nord de Valence, au coeur du parc naturel de la Sierra de Espadan, Fanzara est un petit village abritant à peine plus de 300 habitants. Mais le village a fait peau neuve grâce à l’initiative de grands graffeurs à travers le monde de donner un nouveau souffle à ce village qui abrite, pour la plupart, des retraités.

Javier Lopez, un des citoyens qui se cache derrière ce projet de transformation, explique qu’il souhaitait construire un musée où tout le monde peut créer. La seule condition: les artistes doivent impliquer les résidents en proposant des exemples ou discuter de différentes idées, afin que cela convienne aussi, et principalement, aux habitants, étant donné qu’ils sont quand même les premiers concernés.

Il raconte que réussir à vendre le projet n’était pas chose aisée. Les habitants étant âgés pour la majorité entre 70 et 80 ans et ne connaissant pas la culture du street-art, parvenir à les convaincre et à leur expliquer les avantages d’une telle transformation semblait perdu d’avance. Mais à force de discussions et grâce à la confiance accordée par les habitants envers les organisateurs, le projet à pu voir le jour.

 

Fanzara

15 street artistes connus en Espagne ont inauguré la démarche timidement. En échange d’un logement et d’une pension, les artistes ont débuté par graffer un mur durant les quatre jours de leur séjour. Basé sur un réel échange, le projet se veut donnant/donnant et n’implique pas de budget financier à proprement parlé. Un spot particulier mais pas de limite dans leur créativité, même si Javier Lopez insiste bien sur le fait de garder à l’esprit que le village est petit et habité par des seniors, donc que ce sont eux qui verront ces graffs tous les jours.

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A force de voir les artistes s’afférer chez eux, les habitants ont commencé à développer un réel intérêt envers leur travail, leur demandant même de peindre les façades de leurs maisons. Du coup, le village a vite vu se multiplier les oeuvres sur ses murs, passant à 44 graffs.

 

Fanzara

 

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La démarche reste pour le moins originale. C’est la première fois que l’on voit une telle idée voir le jour. Elle permet aussi de confronter des cultures différentes d’âges différents et c’est incroyable de voir des street-artistes faire le travail avec, à leurs côtés, des grands-parents qui s’intéressent à ce qu’ils font et qui posent des questions.

C’est une belle reconversion pour Fanzara car à la base, le village était sensé devenir un incinérateur de déchets toxiques, projet qui a d’ailleurs divisé les habitants de village, rendant l’atmosphère plutôt tendue. Une fois cette proposition abandonnée, impliquer des artistes venant d’un univers méconnu du village semblait être une bonne alternative pour rétablir le calme. Cela s’inscrit aussi dans la volonté de maires de village dits « morts » en Espagne – ce qui est le cas pour le maire de Fanzara-, de continuer à faire valoir leur environnement.

Aujourd’hui, on peut dire que l’idée est un véritable succès, piquant la curiosité des passants et même d’universités voisines. Les habitants de Fanzara sont ravis et connaissent à présent le graff sur le bout des doigts. On dit bravo !

 

Fanzara

 

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