The Kid : les portraits cinglants d’une jeunesse tourmentée.

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L’hyperréalisme des portraits de The Kid parlent d’eux-même.

The Kid, c’est un bonhomme de 25 ans qui n’a pas froid aux yeux.
D’origine néerlandaise et brésilienne, sa vie sur la route entre l’Amérique et l’Europe lui a appris que tout le monde ne grandit pas avec une petite cuillère en argent dans la bouche.

Ce qu’on retrouve dans ses travaux hyperréalistes, c’est la force d’une jeunesse insolente mais sensiblement fragile. The Kid réalise des portraits en grand format, des sculptures à taille humaine, et des peintures sur toiles.

Représenté à Paris par la galerie ALB Anoul Le Bourdiec, il est notamment connu pour son exposition en 2013, « Endgame », où il révèle avec franchise les visages d’anonymes de la société américaine. Son thème ? Les jeunes personnes victimes d’une société violente et individuelle condamnées à la prison à perpétuité alors qu’elles étaient trop jeunes pour avoir conscience de la gravité de leurs actes. Une partie des bénéfices de l’exposition a été reversée à l’ONG Humanity Rights Watch qui défend les Droits de l’Homme à l’échelle mondiale.

The Kid travaille la précision et le réalisme de ses portraits au stylo Bic. Prouesse technique et preuve d’une patience extraordinaire, le processus de réalisation de ces visages semblerait apaiser la violence du message représenté. La beauté innocente des victimes va de paire avec la finesse délicate du trait, tandis que l’hyperréalisme brutal pousse le spectateur dans ses retranchements. En mettant les gens face à ces images, The Kid les confronte à la réalité tapie dans l’ombre d’une société capitaliste qui ferme les yeux sur la violence.

Ainsi, l’artiste veut dénoncer l’insoutenable déterminisme social responsable d’une sission entre les classes sociales. Les gangs et les emblèmes religieux sont ainsi souvent représentés dans les oeuvres de The Kid, pour répondre à la question suivante : « comment accepter une société régulée par une partie de dés ? » 

Dans un entretien donné à Boum!Bang! en 2013 au sujet de son exposition « Endgame », le jeune homme s’explique plus précisément sur les idées qu’il veux mettre en avant :
J’aurais pu aussi appeler l’exposition « When I’ll die, they’ll send me home » (« quand je mourrai, ils me renverront chez moi », NDLR), parce que le seul moyen pour ces jeunes prisonniers de rentrer un jour chez eux sera de mourir. Même si les lois changent, à priori rien ne changera jamais pour ces jeunes qui ont commis des crimes à un âge où tu n’as pas encore terminé ton développement mental, et ils n’auront jamais le droit à une seconde chance. D’ailleurs, cette notion de déterminisme social, c’est précisément cela que j’ai voulu questionner avec la sculpture de ce bébé dans son incubateur.

Si tu es plutôt conquis.e par le travail de The Kid et que tu as l’opportunité de te rendre au Grand Palais à Paris, tu pourras y voir une installation intitulée « I go alone : portrait of a lost génération. ». Dans le cadre d’Art Paris 2016, plusieurs artistes, créateurs et galeries sont invités à parler d’un monde en crise.
The Kid, pour sa part, dresse un portrait d’une génération hyper connectée qui va trop vite, perdue et isolée par le dictat du soi.

À LIRE :   Les portraits "amBITCHous" de Ashley Longshore
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Bryan & David – Stylo bic sur papier, 2013
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The morning I was born again – Stylo bic sur papier, 2014
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As a flower choses its color – silicone platinium, peinture à l’huile, résine – 2014
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Nowhere – peinture à l’huile et tempéra à l’oeuf sur toile, 2016
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Do you believe in God – silicone, fibre de verre, métal, peinture à l’huile et matériaux divers, 2013

 

Site de la galerie ALB :  
Site de l’artiste The Kid : ici

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