La Jonquera: l’eldorado du sexe

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La Jonquera est un paradis pour certains

En Catalogne, la prostitution est interdite dans les rues mais pas dans les maisons closes. Elle est la région d’Espagne la plus touchée par la pratique de sexe tarifé. Située à deux pas de Perpignan, côté espagnol, La Jonquera accueille de nombreux puticlubs, clubs qui abritent des centaines de filles venues principalement des pays de l’est ou d’Amérique Latine. La plupart viennent de Russie, de Hongrie, de Bulgarie ou de Roumanie, mais aucune espagnole.

Initialement, La Jonquera était une région plutôt paisible, on y trouvait un restaurant familial, une petite chapelle où des banquets y étaient organisés, mais elle s’est vite vue transformée avec l’arrivée massive de ces bordels que même les élus n’ont pu contrer. Désormais, La Jonquera est une jungle de bordels, accueillant en moyenne 8000 poids lourds par jour, et c’est sans compter les voitures.

 

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Le principe de la région: on y trouve des clopes, de l’alcool, de l’essence, des graines de cannabis en vente libre et tout ça, à des prix beaucoup plus intéressant que de l’autre côté de la frontière. Mais à présent, en plus de venir faire son stock, on y vient aussi pour profiter des petites minettes qui y travaillent.
Pour ces filles, le travail débute à 17h. Elles sont en général plus d’une centaine à attendre les clients dans des endroits glauques au possible, à la décoration kitsch, éclairés par des néons qui donnent le ton de l’ambiance. Pour passer le portique, les consommateurs doivent s’acquitter d’un droit d’entrée de 10€. Pas de délit de faciès, prix plus qu’abordables – à tous les niveaux-, c’est vrai que c’est plutôt tentant comme escapade pour le week-end.
La passe est à environ 50€. Pour pouvoir y travailler, les filles doivent donner 80€ par jour au club, elles commencent donc à gagner de l’argent à partir de deux clients – en moyenne 300€ à 400€ par jour-, et considèrent que malgré la crise, qui a fait diminuer les bénéfices, cela reste le moyen le plus facile pour se faire de l’argent.

Cependant, certaines consignes sont à respecter. Les clients doivent acheter un kit à usage unique qui contient, drap jetable, préservatif, lubrifiant et serviette au prix de 5€. Tous les mois, un médecin réalise un prélèvement sanguin et un frottis sur les filles. Un administrateur d’un des clubs assure qu’il ne se fait aucun argent sur les transactions.

Tout cela semble couler de source, un véritable petit paradis où tous nos vices sont plus accessibles qu’ailleurs. Mais bon comme l’adage le dit : on ne peut pas plaire à tout le monde, ce serait bien trop simple.

Du point de vue des habitants de la région, et ce qui tout à fait compréhensible, avoir des bordels qui poussent comme des champignons n’est pas facteur de plénitude et d’apaisement, bien au contraire. Le maire de la ville mène une guerre contre la prostitution sur la voie publique. Comptez 300€ à 3000€ si vous faites du sexe à côté d’un lieu qualifié de « sensible » – une école par exemple, c’est sur que c’est pas le top. Mais ceux qui écopent de l’amende ne sont pas toujours assidus au moment de la payer, la plupart des filles ne le font même pas.

 

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De plus, la multiplication de ces puticlubs posent aussi la question de la concurrence. En décembre 2012, une des maisons closes  de La Jonquera, le Paradise, a été la cible de plusieurs attaques – voitures piégées, explosifs dans le bâtiments. Il n’y a pas de mort à recenser pour le moment, mais ces histoires pourraient prendre des tournants un peu plus délicats. Pour le directeur du lieu, il va de soi qu’une guerre des bordels se trame et c’est à celui qui aura le plus de chambres, le plus de filles, le plus de clients et les moyens pour se faire respecter, qui l’emportera.

La Jonquera ne fait donc pas l’unanimité mais ne semble pas s’essouffler pour autant. Au contraire, des jeunes lycéens viennent même y faire un tour, connaissant la réputation du lieu, après s’être arrangés pour le trajet. Certaines précautions paraissent donc bonnes à prendre histoire de régulariser, ou du moins atténuer un peu la fureur qui règne autour de la région.