Provoke, la révolution esthétique japonaise

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La photo comme outil de transgression

Magazine japonais, Provoke est publié pour la première fois en 1968. En même temps que la guerre du Vietnam, mai 68, le printemps de Prague ou encore l’assassinat de Martin Luther king. A travers des clichés en noir et blanc, le magazine a réussi à saisir la quête identitaire d’une jeunesse japonaise en plein bouleversement.

Devant l’objectif de ses fondateurs, Takuma Nakahira, Yutaka Takanashi et Daido Moriyama, ce sont de rares moments de vie qui nous sont montrés. Ceux d’une jeunesse en quête d’expansion face à la tutelle américaine et au traditionalisme de la culture japonaise.

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Le premier numéro propose un manifeste, expliquant la démarche de provoke conclut par cette phrase restée célèbre « nous voulons des photos qui soient des matériaux de la pensée ». Mais ceux qui s’attendent à des clichés cérébraux et esthétiques vont être surpris. Le magazine propose volontairement des clichés floues, mal cadrés et granuleux. Ils correspondent pourtant à la philosophie de Provoke dont les photographes ont le désir de se débarrasser des contraintes pour mettre à nu les blessures et stigmates d’une population en morceaux après la seconde guerre mondiale et deux bombes atomiques.

Ces méthodes peu conventionnelles sont pour l’équipe du magazine un moyen de transgression envers les conventions traditionalistes de la société japonaise. Les cadres sont donc de travers, les regards fuyants et les corps dénudés, en rupture totale avec l’élégance habituelle de l’art nippon.

Avec Provoke, le Japon découvre une jeunesse torturée et qui crie à l’objectif son désir d’émancipation, comme prise d’une pulsion transgressive et sauvage. Malheureusement, l’aventure Provoke s’arrêta dès 1969 mais influença toute une génération de photographes qui s’inspirèrent de son approche avant-gardiste et insoumise.

K.S

 

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Shomei-Tomatsu

 

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