La jeunesse désabusée de Tchernobyl

Tchernobyl

Une jeunesse ennuyée dans l’ombre de Tchernobyl

Fruit d’un travail de longue haleine de 3 ans, le photographe suisse Niels Ackermann a mis en lumière la plus jeune ville d’Ukraine, Slavutych, construite à la périphérie de Tchernobyl, dans son livre L’ange blanc, les enfants de Tchernobyl sont devenus grands.

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Construite en deux années après la tristement célèbre catastrophe nucléaire de 1986, le futur a du mal à se dessiner dans cette ville constamment rattrapée par son passé. Ses habitants travaillent pour la plupart dans la zone contaminée en construisant un sarcophage autour du réacteur N°4. En réparant inlassablement les erreurs du passé, l’avenir se voile et la fougue de la jeunesse se dilue dans l’alcool et la drogue. « Ici, plus de personnes meurent à cause de la drogue et de l’alcool que de la radioactivité » et « ceux qui restent en ville deviennent des zombies » dévoile un jeune habitant. A quoi bon quitter la ville alors que sa jeunesse ne parle pas anglais ?

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Durant trois ans, Niels Ackermann a pu suivre Loulia et ses amis à une seule condition, « tu peux me photographier autant que tu veux, tant que tu ne montres pas les photographies à ma mère ». Il a ainsi pu observer la transition vers l’âge adulte au fil du temps. Des débuts alcoolisés aux fêtes et relations courtes, la jeune femme a ensuite basculé petit à petit dans une vie plus paisible avec un métier et des responsabilités sérieuses. Mariée puis divorcée, elle a quitté son travail dans l’administration pour un roulement de deux semaines de travail à la centrale et deux semaines de repos. Ne tirant pas des plans sur la comète, elle essaye de vivre au moment présent et de contrer l’ennui dans cette ville si particulière.

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Solenn Cordroc’h