Interview de Kink – Peacock Society !

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Crédits photo : Flavien Prioreau

Rencontre avec le DJ Kink

Strahil Velchev, aka Kink originaire de Bulgarie est connu pour ses live set. Même s’il a commencé la musique électronique bien plus tôt, au début des années 90, internationalement c’est une sorte de nouvel arrivant. « Après tout la seule bonne chose qui vient avec l’âge c’est l’expérience. »

Pour nous, vous êtes l’un des DJ les plus fous à voir en live. D’où vient cette énergie ?

Merci beaucoup ! Je suis obsédé par la musique, vraiment.Je suis allé à House and Techno en 1991 et 1992, et pendant tout ce temps je voulais vraiment écouter cette musique, l’apprécier, la jouer. Mais au début des années 90, je ne pouvais pas m’acheter de disques ou d’équipement, habitant la Bulgarie, ce n’est pas un pays très riche et je ne pouvais donc pas avoir tout ça. Mais ça a fini par pousser mon obsession encore plus loin, parce que lorsque tu veux quelque chose et que tu ne peux pas l’avoir ça te rend dingue.

Mon premier record a été signé en 1998 mais j’ai vraiment commencé à réellement produire dans les années 2000. Ça n’a pas été rapide comme début, il m’a fallu quelques années de plus pour m’établir. Et une fois que c’était fait ; yes ! C’est le temps pour moi de montrer ce que j’ai. Je pense que l’énergie vient de là, toutes ces années à forcer, à essayer de bien faire et maintenant c’est à mon tour de m’amuser.

Qu’est-ce qui influence ta musique aujourd’hui ? C’est assez difficile pour nous de définir le type de musique que tu joues, donc qu’est-ce que c’est exactement ?

Pour parler de musique électronique, la techno de Détroit, la house de Chicago et la musique du Royaume-Uni. Ce sont mes trois inspirations majeures. Tu mets tout ça ensemble, tu ajoutes un peu de funk, un peu de disco et tu obtiens Kink. Mais ce n’est pas si différent. Chicago et Détroit se ressemblent pas mal, et la musique du Royaume-Uni est un peu plus rapide, un peu plus hard avec des beats plus bruyants. Les gens pensent que c’est différent mais il n’y a pas tant de différence entre la techno et la disco je pense.

La différence entre toi et d’autres DJ c’est que tu es très proche de ton public, tu n’es pas du tout ce genre de DJ inaccessible… Est-ce que c’est important pour toi ?

Oui, ça m’a pris un très long moment avant de devenir populaire, mais j’ai longtemps été un simple mec qui fait de la musique. Maintenant que j’ai du succès il m’arrive même de l’oublier. Je pense encore parfois que je suis toujours ce simple mec qui fait de la musique. Après avoir rencontré et parlé avec des personnalités influentes pour moi comme Laurent Garnier au début de ma carrière, qui était très gentil, très terre à terre, qui parlait avec tout le monde, j’ai réalisé que si Laurent Garnier était comme ça, je ne pouvais pas être arrogant.

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Trois mois auparavant, tu a joué Cyrillic, est-ce que tu as d’autres projets comme ça pour les prochaines années ?

Je ne sais pas, mais j’ai tellement d’idées. L’année dernière, j’ai eu une courte conversation avec des personnes que je ne connaissais a priori pas, et je me suis rendu compte qu’il s’agissait des organisateurs du très bon festival Dekmantel à Amsterdam. Ils ont dit qu’ils voulaient me booker sur mon concept qui n’avait même pas de nom, je leur ai dit « mais je n’ai pas de projet, ce ne sont que des idées ! ». Ensuite ils m’ont booké, j’ai commencé à m’entraîner et j’ai fait ce projet. Donc oui j’ai beaucoup d’idées sur ce genre de trucs complètement fous. Tout dépend réellement des coïncidences de la vie. Quelque chose arrivera bien certainement, mais je ne sais pas encore. Et je pense que c’est ça la beauté de la chose.

Avec combien de machines tu travailles ?

Pas autant que je le voudrais. Je voudrais en avoir beaucoup mais j’essaie de voyager léger, ça c’est ma valise qui est adéquate pour les conditions de bagage à main pour l’avion. Laissez-moi réfléchir… L’ordinateur bien sûr, la machine à tambour…

Tu viens souvent à Paris, qu’est-ce qui te plaît dans cette ville ?

Ce que j’aime le plus c’est le fait que j’ai pu y voir le changement. Je ne me souviens pas de ma première venue mais il y a quelques années, la scène n’était pas si parfaite mais maintenant à Paris, mais aussi plus globalement en France, la scène est en train d’exploser. Et j’apprécie de pouvoir en être témoin. Bien sûr, ici vous avez une forte tradition avec la techno et la musique house avec toutes sortes de DJ. Mais j’ai vu cette scène musicale qui est déjà pas mal mais pourrait s’améliorer et exploser. Et bien sûr les gens, la nourriture… Plein de bonnes choses.

Est-ce que c’est pareil en Bulgarie ?

C’est un peu différent, notre point culminant, c’était pendant les années 90. Au début des années 2000 ça allait mais après la crise financière les jeunes sont devenus très soucieux de combien de fois ils sortent, combien ils dépensent. Ils sont devenus très pointilleux et ne vont plus voir que des DJ très connus pour être sûrs d’en avoir pour leur argent, donc c’est très difficile de booker un DJ underground. Mais je reste positif, les licences et politiques sur les salles sont assez libres donc tu peux garder une salle ouverte toute la nuit. Mais dans le futur, ça reviendra. Ce n’est qu’une question de temps.

Est-ce que tu connais des artistes français avec lesquels tu aimerais jouer dans le futur, hors Laurent Garnier ?

Je dirai Ark. J’adorerais jouer avec lui. Je ne l’ai jamais vu en live mais j’ai vu des vidéos et j’aime beaucoup sa manière de jouer et sa musique est vraiment folle. Un ami à moi, Phil Weeks. J’aime bien sa musique, funky un peu plus traditionnelle que Ark. Et un bon ami à moi de Lyon, Mush. C’est un de mes dj préférés de tous les temps, je ne sais pas si j’aimerais bien jouer après lui car je ne saurais pas quoi faire, il est vraiment bon. Enfin je plaisante, c’est toujours un plaisir de jouer avec lui.

Pourquoi ne pas jouer ensemble ?

C’est prévu de faire quelque chose comme ça. On pourrait faire un back to back en DJ set par exemple, c’est prévu.

Est-ce que tu es open minded ?

Je pense être un peu open minded, mais pas assez, il faut que je travaille sur ça. Vous savez ce que disent les gens, plus tu en sais plus tu réalises que tu n’en sais pas assez.