Paris : du street art institutionnalisé dans chaque quartier

noe two street art institutionnalisé

Paris : une fresque de street art institutionnalisé par arrondissement

Ce mardi, à l’Hôtel de Ville de Paris, a été votée une décision concernant chacun des quartiers de la capitale. La question en jeu ? celle de la culture dans l’espace public.

Les arrondissements de la capitale seront désormais dotés de fresques street art, et ceci dans le cadre d’un projet voté par les parisiens et nommé « Les œuvres d’art investissent la rue« , selon lequel l’espace public devra désormais « accueillir des interventions artistiques au bénéfice de tous les parisiens« . Cette entreprise a été confiée à La Place, le centre culturel dédié au hip hop qui ouvrira ses portes aux Halles le 5 avril prochain, date à l’occasion de laquelle sera inaugurée la première œuvre de ce projet, réalisée par Noe Two.

noe two street art institutionnalisé

Rappelons tout de même que depuis les années 1950, on a le fameux « 1% artistique », selon lequel les constructions publiques doivent être décorées, ce qui tendait alors à permettre la mise en place de procédures de commandes d’œuvres d’art, et à en faciliter l’accès du public (en les sortant un peu des cloisons du musée). Un exemple bien connu, c’est celui des Deux Plateaux, aka « les colonne de Buren« , dans la cour du Palais Royal.

colonnes buren

Depuis ce mardi 9 février, donc, ce qui se veut être une révolution n’en est, en fait, pas vraiment une. Des artistes ont été tirés au sort pour se voir attribuer un arrondissement où aller poser l’une de leurs œuvres. Parmi eux, on compte Hopare, 2shy, Shaka, Marko93, Da Cruz, Psyckoze, Alex, Zenoy, Astro ou encore Lazoo.

2shy

En gros, maintenant, on va donc demander à des mecs d’aller réaliser une fresque sur un mur prédéfini, dans un arrondissement arbitrairement choisi. Comme s’il n’y avait pas déjà dans chaque quartier de la capitale (ou presque, suivez mon regard), des œuvres (sauvages) chanmé à portée de nez.

jean yves donati rooftop graffiti paris seth sage

Et puis, tout de même, un autre petit truc m’enquiquine. Cette démarche si bien intentionnée ne casserait-elle pas un peu l’essence même de cette forme d’art ? En tout cas, le street art en captivité, donc encadré et institutionnalisé, semble, de fait, contenter les parisiens : « le critère, c’est un grand espace de visibilité. La procédure peut être longue car on peut avoir besoin de l’accord de la copropriété« , comme l’a exprimé Noël Corbin, le directeur des affaires culturelles de la Ville de Paris. En revanche, laisser s’exprimer les artistes urbains librement et sans trop les faire chier, c’est encore, pour l’instant, assez compliqué.