Street art et graff : de la rue à la galerie et de la galerie à la galère

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Petite histoire du street art

L’art de rue ou l’art urbain (street art) puise ses origines dans différents styles d’art aussi variés que la bande dessinée ou encore l’affiche. Apparu dans les 60’s notamment en 1963 avec les premières peintures éphémères de Gérard Zlotykamien, le street art s’est démocratisé, jusqu’à envahir nos rues, murs, voire même nos maisons.

Depuis toujours, les murs forment un endroit propice à l’expression. Des grottes préhistoriques jusqu’au street art d’aujourd’hui, en passant par l’Antiquité et le Moyen Âge, on ne s’exprime plus qu’avec des mots, mais aussi (et surtout) avec des dessins.
L’art de la rue, c’est un peu le maquillage des murs, des rues, immeubles, routes, etc. Telle une deuxième peau, il habille et rendrait presque vivant ces installations urbaines (les graffitis en 3D en sont d’ailleurs la preuve).
Longtemps considéré comme du vandalisme, le street art est désormais reconnu comme une forme d’art à part entière, qui « possède » même son propre festival, l’Upfest, à Bristol.

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Toutefois, il ne faut pas confondre graff et tag. Le tag étant une signature (souvent d’un graffeur), le graffiti est lui plutôt considéré comme un dessin, inventé ou reproduit, tout droit sorti des mains du street artist. Autrefois ostracisés, les graffeurs sont désormais au même niveau que les artistes, peintres, et autres artistes, allant même jusqu’à s’exposer leurs oeuvres dans les galeries d’art et les musées.

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Mais cette reconnaissance, il a fallu batailler pour l’obtenir. Longtemps, l’art de rue a été assimilé à une activité clandestine, plutôt illégale. D’abord peints au rouleau ou au pinceau, les graffs sont des outils de dénonciation, notamment des inégalités sociales engendrées par la nouvelle société de consommation. Même si certains street artist commencent à montrer leurs oeuvres notamment Jérôme Mesnager en France ou encore Banksy au Royaume-Unis, les graffitis restent toujours sanctionnés en France, avec des peines pouvant aller de 1500 à 30.000 euros, et jusqu’à deux ans d’emprisonnement.

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Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin quand cet art rassemble de plus en plus d’adeptes ? Les années 80-90 sont marquées par l’innovation, avec  l’apparition de nouvelles techniques, telles que le pochoir, ou encore l’aérosol. Et là, un véritable déclic se fait : en 2000, l’association M.U.R (Modulable, Urbain et Réactif), se crée, regroupant 80 artistes, qui tous les quinze jours, graffent sur des panneaux publicitaires à Paris, pour exposer leur oeuvre publiquement. Mieux encore, le street art fait désormais son apparition dans le luxe, chez Cartier, aux Galeries Lafayettes, chez Louis Vitton, etc.

Mais faire exposer ses oeuvres dans les galeries ne fait-il pas de cette pratique un art institutionnel ? Au final, la galère est toujours là, et ce sont les artistes qui refusent d’exposer qui se font (encore) chopper.

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