Espiiem : rap aristocratique

espiiem noblesse oblige

Après son EP un été à Paris (2012) le rappeur parisien Espiiem sort un premier album : Noblesse Oblige

Selon le dictionnaire Larousse, réputé pour les odeurs de ses parties intimes, la noblesse est l’appartenance à la classe sociale des nobles. Du moins au sens propre. Cependant Espiiem a tout sauf la dégaine d’un descendant de Louis XIV. Il faut alors prendre un peu de hauteur, et interpréter la noblesse comme une forme d’élégance, de majesté et de pureté. C’est donc en toute modestie qu’Espiiem s’est donné le surnom de Noble. La confiance en soi, c’est bien, mais à bon escient, c’est mieux. Alors quid de cette album d’Espiiem ? Sa majesté mérite-t-elle allégeance ou tout simplement d’aller chanter plus loin ?

« Dans leur cœur c’est la Sibérie
Pas d’insultes mais je dirais juste qu’ils ont les mères qu’ils méritent »

espiiem noblesse oblige

Au niveau des instrumentales, déjà, c’est propre. Détente mais pas trop, bref, en un mot : planant. Remarque, quand on travaille avec des beatmakers tels que Astronote, il y a de quoi. Un flow bien maîtrisé, avec lequel Espiiem se permet même de pousser un peu la chansonnette dans ses refrains. Un rappeur qui chante d’ordinaire ça fait très peur, mais là on valide. Des textes bien léchés, un joli timbre, ça glisse comme une lettre à la poste dans tes écouteurs.

« Pour percer il y a deux façons quand j’observe les autres rappeurs
C’est d’être très consensuel ou très provocateur
Mais comme être provocateur est devenu consensuel,
Rester sobre est ma façon d’être provocateur »

En revanche, même si les morceaux s’enchainent bien, 15 titres, c’est long. Et quand il y a peu de featurings, ou du moins des apparitions d’autres artistes parfois peu audibles, c’est encore plus long. Surtout quand les instrumentales se ressemblent. Cependant, c’est là qu’on trouve une vraie cohérence entre les morceaux et une atmosphère particulière en écoutant Noblesse Oblige. La plus réussie des collaborations reste « Suprématie », avec Deen Burbigo, l’homme qui aurait pu entrer dans le Guinness book si Big Ali n’avait pas existé. Du coup il n’a que la deuxième voix la plus grave au monde.

En définitive, ce projet est-il vraiment un bijou ? Sans aucun doute, puisqu’il sort tout droit du label Orfèvre, créé par Espiiem. Un dernier mystère plane sur cet artiste. Espiiem, pourquoi deux  «  i » ? Avec un seul « i » ça se prononce pareil, ça n’a donc pas de sens. C’est peut être une faute de rap.

Pour se procurer Noblesse Oblige, ça se passe ici.

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dans "Musique"