Take Me (I’m yours) : comment créer sa galerie d’art gratos

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Take Me (I’m Yours), l’expo à emporter à la Monnaie de Paris

Ce mercredi, la Monnaie de Paris a inauguré une exposition d’art contemporain au concept un peu fou. Son principe est simple : Take Me (I’m yours) propose au public de repartir avec autant de morceaux des œuvres présentées qu’il le souhaitera. Imaginé par l’artiste plasticien Christian Boltanski, centrant habituellement ses travaux sur les thèmes un peu glauques de la mémoire et de la mort, mais également par le commissaire et historien d’art Hans Ulrich Obrist et l’organisatrice d’événements culturels Chiara Parisi, cet événement est en fait un remake d’une exposition de 1995 curatée par Boltanski et Hans Ulrich Obrist à la Serpentine Gallery de Londres, qui avait alors connu un énorme succès.

L’exposition peut effectivement se targuer de renverser et casser complètement les codes habituels de la culture. L’art contemporain a pour habitude de remettre régulièrement en question sa propre esthétique et ses raisons d’être, et, ici, ce sont notamment précisément son élitisme et sa rareté qui sont interrogés. Selon Hans Ulrich, il s’agit « d’emporter l’exposition, comme ça, chacun a sa galerie chez soi« , ce qui constitue également un pied de nez à un marché de l’art qui brasse toujours plus d’argent et n’est accessible qu’à une infime caste de collectionneurs.

Alors qu’il est d’usage que l’œuvre d’art soit figée, barricadée derrière un ensemble de protections vitrées, elle devient accessible, en libre service, en mouvement permanent et en constante évolution. De la rareté, on passe à l’abondance, puisque ce sont en fait majoritairement des accumulations d’objets plus ou moins usuels qui sont installées dans chaque espace de l’institution, tandis qu’une œuvre d’art se caractérise le plus souvent par son caractère unique et rare. Parmi les tas de fringues, si un pull de plaît, tu pourras donc repartir avec.

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Boltanski oeuvre take me i'm yours
L’œuvre de Boltanski : un amas de vêtements, à prendre ou à laisser !

Dans l’une des salles, c’est une pluie de pilules qui tombe sur le sol (on ne les a pas encore testées, tenez-nous au courant des effets !), alors que l’un des espaces est complètement revêtu de cartes postales représentant la Tour Eiffel. Pourquoi donc se contenter de regarder des œuvres d’art de loin à travers la foule, quand on peut carrément avoir la possibilité de les toucher, de les utiliser, et de repartir avec ?

Carsten Höller Pill Clock take me i'm yours
Pill Clock, par Carsten Höller : des pillules par milliers !

 

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Le mur de « Postcards » d’Hans-Peter Feldmann

 

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Les bonbons à la menthe de Félix Gonzalez-Torres

En plus, si l’entrée n’est pas donnée (12 Euros en plein tarif, et 8 Euros en tarif réduit), l’agence de communication TBWA a imaginé un système d‘entrées gratuites à choper directement dans le métro sur les affiches publicitaires de l’événement qui peuvent être détachées partiellement. Il y en a pas mal du côté de Répu’ pour les intéressés, mais aussi dans 14 autres stations très fréquentées du métro Parisien (Châtelet, St Lazare, Charles de Gaulle Étoile, Montparnasse…). Une démarche intéressante, même si on a un peu galéré à arracher notre bout de papier !

Alors, sur place ou à emporter ?