Des tatouages pour dissimuler des blessures

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Des tatouages gratuits : l’initiative touchante pour les femmes battues

Se reconstruire grâce aux tatouages, c’est le message que la tatoueuse brésilienne Flavia Carvalho a voulu faire passer, et ce depuis deux ans. Cette jeune femme de 31 ans propose gratuitement ses services aux femmes qui ont été victimes de sévices corporels ou bien ayant du subir une mastectomie (le retrait chirurgical d’un sein) suite à un cancer, dans le but notamment, de les aider à aller de l’avant.

tatoos gratuits pour les femmes battues

Flavia Carvalho a commencé à apprendre le tatouage au cours de ses études de biologie à l’Université. Pour elle, devenir tatoueuse n’a pas été simple, car cela reste un univers essentiellement masculin. Baptisé en portugais « À Pele da flor » – inversion de l’expression « À fleur de peau » –, ce projet bénévole voit le jour en 2013, lorsqu’une cliente lui montre l’imposante balafre qui lui sectionne l’abdomen. Une histoire aberrante, un homme dont elle avait repoussé les avances en discothèque, et qui lui avait causé cette marque ineffaçable, avec un couteau à cran d’arrêt … « Quand elle a découvert le tatouage fini, elle était très émue. Sa réaction m’a profondément touchée », explique Flavia Carvalho sur le Huffington Post . « J’ai soudain eu l’idée d’offrir aux femmes qui le souhaitaient la possibilité de camoufler gratuitement leurs cicatrices dues à des violences domestiques ou à des mastectomies. Chaque tatouage agirait comme vecteur d’émancipation et permettrait de renforcer l’estime de soi. »

tatouage femme battue

Son salon Daedra Art & Tattoo n’est pas passé inaperçu, au point de dépasser les frontières nationales. Si bien que Flavia Carvalho accueille désormais des femmes venues de l’étranger pour partager leur histoire et en oublier presque leurs peurs. En effet, si de simples dessins décoratifs n’effaceront jamais les souffrances endurées par ces victimes de violences, ils ont au moins le mérite de les réconcilier avec leur corps.

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« C’est merveilleux de voir combien leur rapport au corps se transforme une fois tatouées. » Des témoignages touchants, poignants, mais parfois dur à endosser. Comme cette histoire épouvantable d’une jeune fille de dix-sept ans, en couple avec un homme plus âgé et violent. Alors qu’ils sont sur le point de se séparer, il la poignarde à plusieurs reprises avant de la violer. Une agression brutale et inhumaine qui lui vaut un long séjour en soins intensifs tandis que son agresseur, lui, est toujours en liberté. Une injustice que Flavia Carvalho espère à terme dénoncer, et surtout combattre.

se reconstruire par le tatouage

Pour le moment, la tatoueuse va aider les forces de l’ordre de sa ville dans le but de permettre aux victimes d’entrer en contact avec elle dès leur dépôt de plainte. « Ce projet n’est qu’un grain de sable. Nous avons encore un long chemin à parcourir en ce qui concerne la protection des femmes. » Selon un constat établi par l’Unesco, plus d’un tiers d’entre elles seraient victimes de violences – physiques ou sexuelles – dans le monde, de quoi faire durement réfléchir …

Une initiative belle, courageuse, qui remporte tous les mérites du monde.