Le cannabis légalisé, bientôt en France ?

cannabis

Pour le meilleur et pour le pire, le cannabis libéré

Un peu partout dans le monde, la situation du cannabis est littéralement entrain de changer. Autorités et grand public se mettent (enfin) d’accord pour légaliser cette drogue qui fait et qui fera toujours polémique.

Aux Etats-Unis, après plusieurs référendums, cinq Etats ont récemment légalisé le cannabis. A Seattle par exemple, une boutique de marijuana vient de voir le jour avec une offre alléchante, 5 dollars (4,50 euros) le gramme. Un magasin qui donne envie, dans un grand espace lumineux, au décor contemporain, avec en vitrine tout l’arsenal du fumeur de beuh – pipes, bongs, grinders … Plus de 20 variétés différentes, de 5 à 15 dollars le gramme, plusieurs sortes de joints déjà roulés, de la pâte, des cristaux … Cerise sur le gâteau, pour les non-fumeurs, la boutique Oz propose des produits à avaler contenant du THC, la substance psychoactive du cannabis : concentrés liquides à verser dans une boisson, gâteaux, confitures, etc. Un autre « problème » s’impose : tout se paie en liquide, les banques refusent de travailler avec eux « car le gouvernement fédéral considère toujours le cannabis comme une drogue illégale. J’ai eu de la chance, j’ai pu ouvrir un compte dans une caisse d’épargne locale », raconte Bob, le patron de la boutique. Ainsi, il a loué un distributeur automatique de billets qu’il a installé à côté de sa caisse.
Légale oui, mais à condition de ne pas être visible de la rue.

ganja

En vente en magasin depuis seulement un an, le cannabis est devenu une réelle source de commerce et de marketing. Agences de marketing y ont trouvé une réelle ouverture et démarchent les planteurs, les producteurs et les détaillants : sondages, tests de qualité, enquêtes de terrain sur l’expérience d’achat, sélection des visuels … En découle ainsi des résultats pour le moins surprenants : la femme mariée de moins de 45 ans qui n’a jamais fumé de cannabis, peut être attirée par ce produit au vu de sa légalisation.

C’est même un avènement pour les sociétés qui se positionnent sur ce créneau pour lancer leur propre entreprise. Le groupe C & C, est même en train de créer une chaîne de boutiques de marijuana. « Je rêve de créer le Starbucks de la marijuana, en liaison avec des cultivateurs », déclare le directeur du groupe.

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beuh

Une clientèle « à la cool », aisée, qui ne se soucie pas du regard des autres et puis même, c’est devenu tellement « normal » que plus personne n’y fait attention. Depuis que c’est légal, les parents, quadragénaires, issus de tous les milieux sociaux ont recommencé à fumer entre amis.

Si tout semble « facile », rien ne l’était auparavant. En effet, pour obtenir une licence de vente ou de production, il faut déposer un dossier important, accepter que le FBI fasse une recherche sur ses antécédents, et détenir un bail dans des locaux adaptés: être à plus de 300 mètres des lieux accueillant des enfants, parcs ou encore cliniques et hôpitaux. Et ce n’est pas le seul problème, un nombre conséquent de propriétaires refusent de louer leur bâtiment pour ce genre de commerce …

Les magasins doivent donc s’approvisionner auprès de producteurs locaux, créant donc des milliers d’emplois. Un commerce pas si mal vu, au final. L’Etat a donc délivré des licences à des centaines de planteurs de marijuana, qui livrent leur produit brut aux boutiques et aux industriels. Les produits sont donc bio, et cette « chaîne » d’activité met sa pierre à l’édifice pour faire tourner l’industrie du pays.

boutique Oz

Une « industrie » qui bat son plein du côté du monde entier. Depuis quelques mois en Uruguay, la vente de la marijuana est organisée par … l’administration ! Et également avec l’aide d’associations de la gauche alternative. Des cartes officielles de fumeur sont même délivrées dans les bureaux de poste. La Jamaïque a quasiment dépénalisé le cannabis, qui a une visée religieuse dans ce pays. Mieux encore, en Catalogne des centaines de « clubs cannabis » ont vu le jour. Des espaces conviviaux sont mis à disposition pour que les passants viennent fumer, quand bon leur chante.
Un projet de loi visant à doter les clubs d’un vrai statut juridique est même en préparation. Même si les Pays-Bas furent les pionniers de la dépénalisation avec leurs coffee shops, le cannabis est devenu un sujet d’affrontement politico-judiciaire : les partis conservateurs veulent réduire le nombre de coffee shops, tandis que la gauche et les écologistes, sont partisans de la légalisation pure et simple.

Un sujet assez délicat, qui fera toujours polémique dans le monde entier et dont le débat ne semble toujours pas ouvert en France.