A la recherche des Bâoli perdus

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les Bâoli

Au cœur des Bâoli, architectures spectaculaires

Pendant 4 ans la journaliste américaine Victoria Lautman a parcouru l’Inde à la recherche des Bâoli, ces architectures construites dans le but de stocker l’eau de pluie, qui vont malheureusement bientôt toutes disparaître … Ce pan d’une architecture traditionnelle locale est en train de tomber aux oubliettes, menacé de destruction par les ravages du temps et délaissées par les autorités…
Peu connues du reste du monde, ces architectures sont là depuis des siècles. À travers ces clichés, Victoria Lautman espère sensibiliser les gens à cette cause.

les Baôli architecture

En effet, il y a 30 ans déjà, la journaliste américaine Victoria Lautman, avait alerté l’opinion publique lors d’un premier voyage effectué en Inde où elle était partie découvrir des structures impressionnantes appelées Bâoli, sorte de « portes vers un monde souterrain », déjà menacées par les ravages du temps.

Au départ, ces temples ont été construits entre les 2ème et les 4ème siècles, après Jésus Christ, pour stocker l’eau de pluie dans le but unique que la population puisse la récupérer. Beaucoup de ces monuments sont recensés dans les régions extrêmement sèches où il peut pleuvoir à torrents seulement quelques semaines par an. Les derniers bâtis sont de véritables œuvres d’art. Surtout ceux érigés vers le 11ème siècle, par de riches philanthropes (dont un quart était des femmes) pour « refléter pour l’éternité la culture indienne ».
Au total, elle s’est rendue dans 120 Bâoli, tous différents, localisés dans 7 états. Une volonté ardente pour laquelle la journaliste se bat depuis 30 ans.

Bâoli structure

Une construction pas si simple au final puisque ces immenses bassins de stockage ont nécessité un excellent drainage de l’eau par le sol, mais aussi une bonne isolation. Il fallait que des dizaines d’escaliers permettent aux populations de récupérer l’eau et ce, peu importe le niveau présent.

Avec le développement de l’Inde, certains Bâoli commencent à ne plus être utilisés, à part par les touristes, en quête de découverte authentique. L’eau, qui est de plus en plus pompée et redistribuée par des canaux, directement chez l’habitant, manque cruellement. Une inégalité très marquée de plus car les Bâoli se trouvant dans les zones très touristiques peuvent être entretenus (grâce à ce que leurs visites rapportent) tandis que les plus isolés sont laissés à l’abandon et parfois même utilisés comme décharge. Certains ont même disparu de la carte depuis longtemps.

architecture Bâoli

La journaliste américaine s’est donc donné le pari de sensibiliser la population à sa cause, notamment avec le livre qu’elle est entrain de publier sur ces monuments historiques uniques. Une manière pour elle de partager ses photos, et bientôt de les montrer en chair et en os aux étudiants en architecture du monde entier.