Violences en Thaïlande entre les séparatistes et l’armée

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Le Sud de la Thaïlande gangrenée par des combats qui semblaient avoir diminué

Tu veux peut être partir en vacances en Thaïlande, profitez du bas coût de la vie, de son ambiance attractive et des plages au sable fin où on peut se détendre. En revanche, dans le sud du pays, ça rigole beaucoup moins avec une violence faisant rage à chaque instant. La lutte oppose des séparatistes voulant leur indépendance contre l’armée de l’état  dirigée par Bangkok.

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Un certain 3 février 2014, à la tombée de la nuit, trois hommes en cagoule et munis de fusils d’assauts se sont introduits dans une bâtisse montée sur pilotis appartenant à une famille. La scène de carnage est atroce où les assassins ont intentionnellement tiré sur les enfants, le mari Chemuk est parvenu à s’échapper de justesse. L’homme a perdu son bien le plus cher : ses gamins, il confie « jamais je n’aurais imaginé que mes enfants soient pris pour cible ».  Malgré cet acte ignoble, il continue de vivre avec son épouse non sans peur, dans cette même maison désormais hantée. Il ne sait toujours pas qui auraient pu commettre une chose pareil en disant « J’ai été acquitté, mais les militaires me croient toujours coupable. Peut- être ont-ils voulu se venger… »

Même si cette histoire est poignante, c’est loin d’être la seule à 600 kilomètres des plages de Phuket, la région étant déchirée par des meurtres, des attentats à la bombe et des raids archi violents. L’endroit aurait comptabilisé environ 6400 morts en dix ans, d’un conflit sans visage entre les séparatistes qui revendiquent un territoire aussi grand que la Malaisie (pays voisin) et l’armée thaïlandaise.

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La revendication de ces rebelles remonte à loin, il faut revenir à 1771 où le royaume de Pattani est annexé par le Siam (Thaïlande) étant à la base une province malaise. Elle devient vite un lieu primordial pour des échanges économiques important, la région de Pattani comme celle de Yala et Narathiwat ont fini par être rattachées à la Thaïlande.

Leur dialecte local est le jawi, mais les écoliers et toute la population doivent forcément parler la langue « officielle » : le thaï. Les problèmes convergent sur une source de combat bien connue : la religion. En effet, la Thaïlande est un état bouddhiste en désaccord avec cette population de confession musulmane.

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Au final, ce conflit affecte n’importe quelle couche sociale, de nombreux professeurs sont violentés et parfois tués, des moines bouddhistes sont immolés ou décapités, les fidèles sont souvent accompagnés pour poser des offrandes par des militaires, de même que les écoles sont protégées. Cette guerre sans nom cristallise de nombreux problèmes en Thaïlande, l’ethnie en question représente une minuscule minorité avec seulement 2% de la population, des coutumes et une foi différente.

Même si les attaques ont augmenté au mois de mai et juin, le mouvement indépendantiste s’est calmé depuis un an. Malgré les efforts de l’armée, Katibah Nusantara Lid Daulah Islamiyah, une unité de l’Etat Islamique a fait un récent appel par vidéo aux musulmans de la péninsule malaise.

Si les jeunes de la province de Pattani répondent à ces appels, le sang risque encore de couler dans le grand Sud aux paysages de cartes postales.