Sound Cloud devient un refuge pour éviter la censure

Burundi

Sound Cloud se transforme en moyen d’expression

Le Burundi est en pleine crise, l’échec d’un coup d’état, des élections disputées, une douzaine de manifestants tuée par la police et une répression sévère contre les médias…

Cependant les journalistes ont trouvé un nouveau moyen de transmettre des informations sur un média qui est, initialement, plus destiné pour les remixes de DJ set ou de bandes rock-indie. En effet, il s’agit de l’application Soundcloud qui est utilisée pour témoigner des changements politiques du pays.

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atées depuis avril lorsque le président depuis presque une décennie Pierre Nkunziza avait annoncé un troisième mandat.

De violentes contestations auraient éclatées depuis avril lorsque le président au pouvoir depuis presque une décennie Pierre Nkunziza avait annoncé un troisième mandat.

Certains généraux de l’armée ont voulu se rebeller contre cette décision en essayant de le renvoyer de ses fonctions. Le « coup » d’état a échoué au bout de deux jours seulement car Nkunziza est revenu au pouvoir… mais la révolte ne s’est pas arrêtée là. Une véritable diaspora s’est constituée où 120 000 personnes sont parties se réfugier en dehors du pays africain.

Les médias indépendants ont particulièrement souffert ces derniers temps avec l’arrivée des élections présidentielles en juillet : plusieurs postes de radio ont fermé et des studios ont été endommagés voir carrément brûlés !

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Les journalistes indépendants ont du trouver une autre manière de s’adapter pour divulguer les actualités. Parmi eux, un groupe c’est formé : « SOS Medias Burundi », qui utilise les réseaux sociaux pour échapper au contrôle de l’état – un phénomène similaire avec le printemps arabe en Tunisie. Le groupe est présent sur Twitter, possède une page Facebook et fait des émissions radiophoniques sur le site Soundcloud.

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Un des volontaires de l’organisation, qui préfère rester anonyme explique comment ses collègues travaillent : « Ils bougent de maison chaque nuit. D’autres mènent une double vie. La plus grande difficulté pour eux est d’aller dans les endroits chauds sans se faire repérés, ils essayent et se perdent dans la population. Cela demande beaucoup d’organisation ».

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Les reporters sont sous une pression constante avec le gouvernement qui ne les lâche pas d’une semelle mais ils veulent quand même exercer leur métier.

Le problème reste la limitation d’Internet dans le pays : seule 2% de la population y a accès. Heureusement, SOS Média Burundi connaît un peu plus de succès sur les réseaux sociaux.

Pour finir, l’élection présidentielle du Burundi aura lieu le 15 juillet mais les reporters veulent continuer à décrire la vie quotidienne après la tentative de coup d’état. Pour eux, continuer la radio, même avec un faible audimat, c’est une manière de survivre et un symbole de résistance.