Nous avons rencontré un groupuscule fétichiste des roux

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« Etre fétichiste c’est porter un grand respect envers son fétiche. Le notre, c’est les cheveux roux »

Les roux ont toujours souffert d’une certaine forme de discrimination, de rejet, préjugés et autres moqueries. Mais si on parle beaucoup de cette discrimination et de ses victimes, peu mentionnent le fanatisme que cette couleur de cheveux peut susciter chez certaines personnes.  Nous avons donc rencontré en exclusivité un groupuscule parisien, ils sont 5 hommes âgés de 22 à 35 ans tous fétichistes des roux.

Après des semaines de négociations difficiles, un de leurs membres a accepté de répondre à nos questions et de nous rencontrer en banlieue parisienne, loin de toute tentation. Ils nous a parlé de leur passe temps quelque peu incompris.

OpnMinded : Pour toi, que signifie être un fétichiste des roux? 

« Vous savez, être fétichiste c’est simplement porter un grand respect envers son fétiche. Le notre, c’est les cheveux roux. Nous les respectons inconsidérément, comme nous adorons ceux qui la portent. Qu’ils soient homme ou femme, dès que je croise quelqu’un qui a cette couleur de cheveux, je ne peux pas m’empêcher d’être excité, je ressens beaucoup d’énergie en moi, et une forme de pulsion me pousse à lui couper une ou deux mèches. »

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Quand as tu réalisé que tu étais fétichiste ?

« Je me rappelle, quand j’étais gamin déjà, j’étais fou amoureux d’une fille qui s’appelait Roxane. Elle était rousse aux cheveux ondulés magnifiques. Je me plaçais toujours derrière elle en classe et je lui coupais silencieusement des mèches que je cachais dans ma trousse. Aujourd’hui je fais la même chose, sauf que je suis adulte et que j’ai plusieurs bocaux entiers. Mais je ne suis pas un pervers, je n’ai jamais utilisé de langage déplacé face à une conquête, je reste discret, presque invisible. Je repère, je coupe et je m’en vais. »

A ce jour, tu comptes combien de bocaux dans ton appartement? Qu’en fais tu? 

« J’en ai 12 entiers. Pendant deux ans ils ne me servent qu’à décorer mon appartement, j’en suis fière ce sont des trophées à mes yeux. Toutes les deux semaines avec les autres nous nous réunissons pour peser les mèches que nous avons réussi à couper. Une sorte de petit jeu entre nous. Ensuite, quand chacun de nous en comptabilise 20, nous partons en Irlande les jeter dans la mer, c’est une tradition.

Quelle sensation ressens-tu lorsque tu coupes une mèche?

« J’ai des frissons, c’est jubilatoire, un véritable sentiment de satisfaction s’empare de moi. Je m’imagine simplement rentrer, et le mettre dans mon bocal. C’est comme une drogue, une fois que j’ai eu ma dose, je suis bien. »

Il existe des fétichismes pour tout, les pieds, le latex… Pourquoi les roux? 

« Je ne sais pas vraiment. J’ai toujours trouvé cette couleur de cheveux attirante, spéciale, et le fait que je sache qu’elle est vouée, dans un futur proche, à disparaître la rend encore plus précieuse à mes yeux. Leur couleur de cheveux, leur grains de beauté, leur odeur, leur histoire et leur lien présumé avec Satan sont autant de raisons qui me poussent à les aduler, je n’y peux rien si ça m’excite« .

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Mais si la plupart de leurs victimes ne se rendent pas compte de ce qui leur arrive, d’autres gardent un très mauvais souvenir de leur rencontre avec ce groupuscule à l’objectif particulier.

C’est le cas de Marie-Apolline qui a rapidement répondu à notre appel à témoin.  « Au primaire, j’avais souvent le droit au surnom « poule rousse », ensuite c’était plus « la rouquine ».  Plus tard, ça s’est vite transformé, non plus en surnom mais en question « eh Marie-Apolline, je me suis toujours demandé… La moquette est-elle assortie aux rideaux ? » Classe… Heureusement j’en riais, mais là je crois qu’on a passé un cap, je n’imaginais pas que quelqu’un puisse être fétichiste d’une couleur de cheveux. J’attendais dans l’escalator du métro quand un mec a couru dans les escaliers pour me doubler en coupant discrètement au passage une mèche de mes cheveux« .

Sur le coup, c’est l’incompréhension plus que la peur qui a emparé Marie Apolline, aujourd’hui elle reste traumatisée « Je ne suis pas sûre de comprendre ce qu’il se passe, est ce qu’il faut que je me cache maintenant ? Est ce que je dois changer de couleur ? Ne plus sortir… J’ai peur de marcher, j’ai peur d’aller faire mes courses, de prendre le métro, de me faire agresser à nouveau. »

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Véritable engouement, le collectif a reçu dernièrement plusieurs dizaines de demandes pour les rejoindre. Ils serait d’ici à la fin du mois de juin près de 15. Avis aux roux donc, vous êtes beaux, on vous aime, mais cette fois-ci un peu trop. . 

(La concierge est dans l’escalier. Open Minded reste un blog de distraction et non de politique. Les articles de la concierge sont des vastes rumeurs, blagues, et actualités décalées, à ne pas prendre au pied de la lettre.)