Quand la SNCF se lance dans l’exploration urbaine

SNCF

Le projet « sites artistiques temporaires » de la SNCF

La compagnie ferroviaire lance son concours “Sites artistiques temporaires”, proposant de transformer des sites à l’abandon en lieux de culture éphémères.

Il s’agit de seize lieux  inoccupés que les artistes pourront investir pour une durée maximale de six mois dans une démarche de valorisation du patrimoine. La SNCF a publié une vidéo explicative :

Voici quelques lieux qui pourront se voir donner une nouvelle vie:

SNCF

SNCF

SNCF

Un beau projet mais…Il y a un hic (c’est la SNCF n’oublions pas !) si on se penche sur le cahier des charges établi par la SNCF et qu’on lit attentivement ces quelques articles du règlement de l’opération!

Si les candidatures sont ouvertes à tous, il faudra néanmoins avoir les fonds suffisants, car la SNCF ne prévoit pas de porter financièrement les projets : « SNCF IMMOBILIER a identifié seize (16 sites) qu’elle est prête à mettre à disposition, dans leur état actuel, les équipes retenues faisant leur affaire personnelle des dépenses de toute nature nécessaire à la réalisation de leur projet. »

En plus de cela, l’artiste devra louer l’endroit pendant la réalisation de son projet :  » le candidat est informé du principe énoncé par les articles L 2125-1 et L 2125-2 du Code Général de la Propriété des Personnes Publiques selon lequel toute occupation ou utilisation privative du domaine public donne lieu au paiement d’une redevance tenant compte des avantages de toute nature procurés au titulaire de l’autorisation. Aussi le Candidat dont le projet porte sur une dépendance du domaine public s’engage à déposer une offre de projet comportant une proposition de redevance en adéquation avec ce principe de non gratuité. »

L’artiste devra céder l’intégralité de ses droits d’auteur en signant un contrat de cession de droit à la SNCF qui fera ce qu’elle veut avec l’endroit sans reverser le moindre sous à l’artiste.

À LIRE :   Burnt Crumbs : quand le sandwich atteint un niveau de kiff ultime.

Mieux encore après avoir bosser comme un fou à repeindre un château, il faut restituer l’endroit dans son état initial et toujours à ses propres frais : « le site devra faire l’objet d’une remise en son état initial, sauf accord du propriétaire « .

Autant dire qu’encore une fois la SNCF nous entube ! Devant cette tentative « d’escroquerie », une pétition circule afin de dénoncer le concours.