JonOne a-il rendu le street art politiquement correct ?

jonone

JonOne décoré, puis exposé à l’Assemblée.. faut-il en rire ou en pleurer ?

Inutile de vous présenter JonOne, présent dans le premier clip d’Assassin, et street artist new-yorkais à la reconnaissance mondiale. Après avoir été exposé en Chine, Belgique, Suisse, Etats Unis, Russie, une de ses oeuvre est depuis le 21 janvier 2015 présente dans les couloirs de l’Assemblée Nationale, au Palais Bourbon. Pourtant encore considéré au niveau pénal comme du vandalisme, le graffiti est aujourd’hui considéré comme du street art. Mais est-il devenu politiquement correct ?

Il est loin le temps où John Andrew Perello, du haut de ses 17 ans descendait dans les souterrains de New York pour poser sa signature sur la ligne A du métro (et j’emmerde les parisiens).  En 1980, le blase « Jon156 »* était ainsi posté sur toutes les trames faisant résonner son nom dans la ville plus en plus fort. Sept ans après, c’est la création du collectif 156 All Starz qui terminera de le propulser au niveau international.

Jon one

Véritable terre d’accueil, c’est en France qu’il a décidé de s’installer. Mais s’il a adopté la France, il semblerait qu’elle aussi soit tombée amoureuse, et elle lui montre bien.

Après avoir reçu la légion d’honneur aux côtés de Modiano en janvier 2015, c’est dans les couloirs de l’Assemblée Nationale que vous (ne) pourrez (pas) apprécier son dernier travail, une Marianne version street art. Même si nous sommes tous très heureux pour notre ami John Andrew Perello, ce « lieu d’exposition » ne cesse de nous laisser perplexe. Les politiciens n’ont-ils plus aucune idée de ce qu’est la rue pour vouloir la ramener à l’Assemblée ? Peut être voulaient-ils un peu d’exotisme culturel dans leurs quotidien morose ?

JonOne

Car, du point de vue de la législation, la question du street art est loin d’être réglée. Et les risques que ces artistes prennent pour habiller nos rues sont grands. Si, pour quelques rares, à l’image de John Andrew Perello [JonOne], ils ne sont plus qu’un mauvais souvenir, pour la majorité des street-artistes, c’est loin d’être le cas.

« Article 322-1 : Le fait de tracer des inscriptions, des signes ou des dessins, sans autorisation préalable, sur les façades, les véhicules, les voies publiques ou le mobilier urbain est puni de 3750 euros d’amende et d’une peine de travail d’intérêt général lorsqu’il n’en est résulté qu’un dommage léger », « Si un bien dégradé est destiné à l’utilité ou à la décoration publique […] l’amende peut aller jusqu’à 45 000 euros et trois ans d’emprisonnement« .

Jon one

Alors, mes très chers politiciens, si vous voulez profitez du street art, commencez -peut être- par aller dans la rue, puis revoir votre législation ? Car pour le moment, il semblerait qu’il soit seulement politiquement correct pour une infime petite poignée de « chanceux »..

*numéro de sa rue