La BD de La vie d’Adele n’est pas la bienvenue en Iran

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Une poète iranienne menacée pour sa traduction de La Vie d’Adèle.

A défaut d’avoir vu le film, on a tous entendu parler de La Vie d’Adèle pendant le Festival de Cannes 2013 – et même après, embarqué par la polémique autour d’Abdellatif Kechiche et de ses deux actrices Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos, vexées, blessées et désemparées face aux méthodes de travail du réalisateur -après coup. Les plus initiés savent aussi que La Vie d’Adèle, avant d’être adapté au cinéma, c’est une bande – dessinée imaginée par Julie Maroh en 2010 : Le bleu est une couleur chaude.

La vie d’Adèle, c’est avant tout une histoire d’amour entre deux jeunes femmes qui explorent la vie…mais aussi et surtout leur sexualité comme deux jeunes gens amoureux. Le film est plus vraie que nature – les scènes de sexe sont crues, rien ne nous est épargné et la violence de leur amour adolescent n’échappe à personne mais ce que la plupart des gens ont retenu du film, c’est son caractère homosexuel – deux filles qui s’envoient en l’air, ce n’est pas encore totalement rentré dans les moeurs en France… alors, imaginez en Iran.

bd le bleu est une couleur chaude

C’est la poète Sepideh Jodeyri qui en a fait les frais. Pour une maison d’édition iranienne, elle a traduit la bande dessinée en persan et s’est attirée les foudres des médias religieux du pays par la même occasion : « Sepideh Jodeyri soutient l’homosexualité… Comment pouvons-nous laisser une telle personne publier en Iran ? »

Des raccourcis mêlés à de la mauvaise foi, Sepideh Jodeyri est devenue la porte-parole de la cause homosexuelle contre sa volonté et les conséquences qui en ont suivi donnent le mal du pays : plusieurs événements littéraires ont été annulés en Iran et la maison d’édition concernée a perdu sa licence. La poète qui vit désormais à Prague déplore  » une chasse aux sorcières » et se dit « persona non grata » dans son pays.

De l’autre côté, Julie Maroh, l’auteure originale de la BD condamne cette situation sur son blog : « Il m’est insupportable qu’on laisse passer de tels événements sous silence. C’est une atteinte de plus cette année, cette vie, à notre liberté d’écrire, de lire, de communiquer et par-dessus tout d’aimer. »

La Vie d’Adèle n’arrêtera donc jamais de créer la polémique ou c’est un tout autre débat – éternel- qui perdure, à cause d’esprits beaucoup trop étriqués ?
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