Focus sur le swatting, le canular haut de gamme des gamers

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La vengeance des geeks a un nouveau nom : le swatting !

Aux Etats-Unis, le phénomène « swatting » a débarqué il y a trois ans, comme le meilleur canular récurent des gamers à la rancoeur facile, addicts des sites de streaming comme Twitch. La vengeance est un plat qui se mange froid…et fort.

Le principe est simple : le gamer revanchard appelle le SWAT ( l’unité d’élite de la police américaine) pour qu’il intervienne en trombe chez un autre gamer. Bien sûr, il ne suffit pas d’un simple coup de fil et d’un mauvais pressentiment pour que l’artillerie lourde soit déployée mais les geeks en puissance maîtrisent à merveille l’art du piratage de données Internet et c’est grâce aux infos personnelles glanées sur la victime que le SWAT se laisse convaincre d’intervenir. D’autres hackers préfèrent encore brouiller l’appel pour le situer chez la victime, tout en se faisant passer pour elle au bout du fil avec le SWAT.

Plus le swatting est réussi – hélicoptères, voitures blindées, nombres d’hommes mobilisés sur place – plus la réputation du gamer grimpe. Bienvenue chez les geeks.

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Aux Etats-Unis, les premières victimes étaient des célébrités : Clint Eastwood, Tom Cruise, Chris Brown, les Kardashian… Tous ont eu la surprise de voir débarquer le SWAT à leur domicile sans aucune raison valable.

Bien sûr, le jeu – le terme swatting aurait été inventé par le FBI de Dallas- est beaucoup trop excitant pour que ces investigateurs s’arrêtent là et depuis deux ans, ce sont les gamers « gagnants » qui en sont les principales victimes, outre atlantique.

Un exemple ?

En avril 2013 à Los Angeles,  un adolescent de 17 ans prend du bon temps en jouant au célèbre jeu vidéo Call Of Duty avec un autre joueur qu’il n’a jamais rencontré. Au cours de la partie, il tue son adversaire – virtuellement parlant, of course. Quelques minutes plus tard, c’est Call of Duty dans son salon lorsque le SWAT débarque en trombe chez lui : son adversaire en ligne avait appelé la police pour l’accuser du meurtre de sa mère et de son frère. Du swatting, en bonne et due forme (et en vidéo.)

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Près de trois ans après, le swatting débarque en France… et c’est aussi un gamer qui en a été la première victime, lundi dernier : Hubert Skrzypek, alias Bibix pour les intimes, fidèle de Twitch.

Tranquillement installé devant son ordinateur pendant que sa femme était dans le salon, il s’amusait à dégommer des zombies quand la police est arrivé chez lui sans prévenir :  » A genoux, à genoux ! »  Grâce à la plateforme de streaming Twitch sur laquelle il était connecté, on peut suivre la scène démentielle du swatting à la française :

D’après les médias, ce serait l’oeuvre d’un hacker hautement confirmé d’Israël… mais que tout le monde se rassure, Bibix a tweeté qu’il aillait bien.

Aux Etats-Unis, le swatting est un phénomène pris très au sérieux  par les autorités : le gouverneur de Californie a crée une loi visant à lutter contre le swatting et les auteurs de ces canulars de l’extrême encourent désormais une peine de prison et se voient obligés de rembourser l’intervention du SWAT – près de 8000 euros.

Alors, tentés ? Qui sera la prochaine victime française ?