Les nazis, c’est plus ce que c’était

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On ne parle jamais assez de l’importance du sens de l’orientation.

Le mois dernier, je vous parlais de cette jeune ukrainienne à la gueule d’ange qui ne jurait que par le nazisme sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, la bêtise des néo-nazis a encore frappé – et ce ne sont même pas des jolies blondes.

Dans la petite bourgade allemande de Fribourg , dans le sud-ouest du pays, les leaders du parti néo -nazi d’Allemagne – le Parti National Démocrate- avaient prévu de se rebeller une énième fois contre quelque chose/ quelqu’un, peu importe quoi d’ailleurs, pourvu que ça occupe leur journée.

Le destin les avait aidé : quelques jours plus tôt, l’une des guichetières du pôle emploi allemand s’était elle aussi rebellée – décidément, ces boches- contre l’un des fervents militants du PND, désespéré de ne pas trouver d’emploi avec sa gueule de nazie et sa croix gammée sur l’épaule. Vexé qu’on puisse le juger sur son physique, la brute épaisse était repartie, furieuse et bien décidé à se venger de cette pauvre employée, un peu trop sauvage.

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Il était allé pleurer dans les jupons du Parti National Démocrate et son chef avait immédiatement donné l’assaut pour aller anéantir cette agence : on ne badine pas avec les nazis, il fallait que le monde entier le sache et au moins la commune de 1254 habitants de Friboug. L’appel à la mobilisation est lancé – tous les néo-nazis d’Allemagne et de Navarre sont invités à se joindre à la vague.

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Aussitôt dit, aussitôt fait, voilà nos trente héros armés de drapeau volant au vent en direction de la gare de Karlsruhe en ce 1er février. Prochain arrêt : Fribourg et son agence de l’emploi hautement sujet à polémique. Rebelles dans l’âme, ils fraudent et s’engouffrent dans un wagon plus motivés que jamais à aller casser du guichetier.

Trente minutes plus tard, les 30 mousquetaires allemands se mettent en route… ô stupeurs, ô tremblements quand ils réalisent que personne n’est au point de rendez-vous – pas de nazis, pas de guichetière, pas même d’agence Pôle Emploi à l’horizon.

Wie es ist, die Hölle ? Qu’est ce que c’est que ce bordel ?  Après de longues minutes à tergiverser sur le pourquoi du comment, le chef du Parti en arrive à la conclusion qu’ils ne sont pas au bon endroit.

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En effet, dans la précipitation et dans l’excitation, les 30 bougres allemands sont partis dans la direction opposée, vers Mannheim !

La nuit tombe, la motivation aussi et revoilà nos néo nazis de la honte à nouveau en direction de la gare. D’un commun accord, ils décidèrent qu’une dizaine de pintes était nécessaire pour affronter cet échec cuisant. L’histoire ne dit pas si la manifestation a été reportée ni si la guichetière a depuis démissionné de peur des représailles… mais une chose est sûre, ne demandez jamais votre route à un allemand. Le nazisme, c’est plus ce que c’était.