Dead Obies, rap supersonique en direct du Canada

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On s’est posé avec les Dead Obies à la Flèche d’Or

Vous vous définissez comme un groupe de post rap, qu’est-ce que c’est ?

Le post rap pour nous c’est un point de départ, une façon de clarifier nos intentions musicales. On est sensibles à pas mal d’influences, visuelles ou sonores et c’est sujet à manipulation. Alors, on s’est dit pourquoi ne pas jouer avec la perception qu’on a de cette culture ? On tente d’injecter l’énergie qu’il y avait et qu’il y a toujours dans le punk. Des personnes se nourrit d’autres sonorités pour créer le post punk, mais ça ne veut pas dire qu’il n’y a plus de punk pour autant.

C’est la même chose pour le rap, on fait partie d’une mouvance qui brasse d’autres rythmiques que celles qu’on connait au hip-hop « traditionnel ». Mais c’est mouvement assez répandu somme toute, on pense à Dean Blunt, Miki Blanko ou encore Danny Brown.

On est au carrefour de pas mal d’influence mais on fait partie de la grande famille du hip-hop.

 

A quel moment vous vous êtes dis que vous alliez commencer à raper ?

On a tous un parcours différent mais en fait on a tous été touchés à un moment donné  et quand on s’est rencontré ça a pris tout son sens et c’est là qu’on a décidé de partager ça avec le monde entier.

 

Vous êtes entre deux culture, Française et Anglo-Saxonne, pourquoi avoir fait votre album en Québecquois ?

On aurait pu balancer quelques gimmick en anglais mais dès qu’il s’agit de conjugueur ou d’avoir de la répartie uniquement en anglais, ça devient difficile. On mélange les deux langues parce que ça fait partie de notre parcours, de notre culture.

Par exemple si je me cogne le pied,je dirais « Fuck Shit Tabernac’ ! » et pas « Ouille merde ! » Il y a des groupe qui du jour au-lendemain ont changé de langue mais on préfère rester cohérent par rapport à ça.

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Comme se présente le rap game au Canada ?

Il y a une vraie renaissance au Québec, nous sommes moins nombreux mais hyper actifs. Il y a pas vraiment une large partie de la population qui s’intéresse réellement au Hip-Hop alors la scène rap est assez petite. Mais ça tend à s’ouvrir je pense qu’on en est la preuve et Kaytranada l’est encore plus.

Est-ce que le côté style est important pour vous sur scène ?

On peut pas se vanter d’avoir une mise en scène très poussée parce qu’on a pas les moyens pour des éclairages et autres jeux de lumières. On fait le mieux avec ce qu’on a, on reste dans une imagerie hip-hop avec les sneakers, les chaines etc… . Mais surtout on a beaucoup travaillé la façon dont on se déplace sur scène. Pour l’instant c’est notre force.

 

Avec qui vous aimeriez travailler dans l’absolu ?

 

Rick Rubin sans hésiter ! Pour la sagesse monumentale qu’il doit avoir, ce serait un très bon mentor. Sinon pourquoi Eminem en tant que mentor aussi. Pour une collab, ce serait un peu plus flou : Kanye West, James Blake, Dennis Rodman… (rires).

Mais c’est vrai qu’on choisirait peut-être plutôt un beatmaker parce qu’on vit vraiment l’avènement des beatmakers.

 

Comment vous vous sentez sur scène ?

 

On devient vraiment des instruments du concert, tout se passe très vite, on ne se rappelle de rien. Et tout ce qu’il nous reste c’est des flashs. T’es tellement concentré que tu oublies tout et dès que ça s’arrête tu es rincé parce que tu as tout donné, c’est une décharge d’énergie incroyable. On se donnera autant pour une salle de quinze mille personnes que pour une salle de quinze.

 

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Quel est le concert qui vous a le plus marqué dernièrement ?

 

Il y a un peu de tout, The Roots, Outkast, Esperanza Spalding, mais le plus ouf ça reste quand même Radiohead, c’était hyper une expérience très positive, ils ont une palette d’émotions hyper riche.

 

 

Are You Open Minded ?

Definitely !!!

 

A la fin de l’interview, Bear RCA, c’est dévoué pour nous balancer un freestyle narvalo, et a cappella s’il-vous-plaît !