Détournées, illustrées, orientées : les vérités du street artiste Martin Parker

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Le détournement des mots : l’arme inéluctable de cet Anonymous de Martin Parker

Il y a des vérités qu’il vaut mieux de préférence taire. Une préférence qui n’est pas celle de Martin Parker, qui est bien décidé à écrire en grand ce que les gens pensent avec de petites phrases. Ce trentenaire aussi insaisissable qu’un vieux renard, opère depuis déjà un bon moment dans les rues. Ayant fait ses armes dans l’art du graffiti, Martin Parker, qui n’est évidemment pas son vrai nom, a raccroché en 2003 la bombe pour se consacrer entièrement à un travail qui se veut plus engagé : le détournement.

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Ne vous emballez pas, on parle bien d’un artiste et non pas d’un requin de la finance. Non, ce que ce street artiste franco-américain détourne, c’est uniquement les devantures de banques, instituts financiers, panneaux routiers lumineux et moult messages de la rue. Un de ses faits d’œuvre le plus impressionnant : transformer l’enseigne de la banque Lehman Borthers en une anagramme Heal Throes (on vous laisse traduire ça tout seul).

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Le truc, c’est que Martin Parker commet ses œuvres non pas, comme beaucoup de ses homologues à la tombée de la nuit mais carrément en pleine journée !  Et il parvient à conserver son identité secrète malgré tout. Un super héro de l’art qui ne poursuit pas les bad guys mais les vérités que l’on n’ose pas dire à voix haute. Collages, montages, sculptures et piratages sont ses méthodes qui, certes nous font rire jaune mais en même temps nous rencardent sur une réalité relativement ironique et cruelle.

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Chef de file du courant « Urban Hacking » aux USA, Martin Parker aime se définir comme un « artiste situationniste urbain ». Et nous qui pensions qu’il n’était qu’un street artiste. En réalité, cet Anonymous se réapproprie «nos lieux publics et notre environnement urbain en pratiquant le piratage de messages ou le détournement fonctionnel », selon ses mots. Pour ceux qui espéraient de jolis graff’, peine perdu. Les musées regorgent désormais de ce street art esthétisé, si on peut encore appeler ça de l’art urbain dès lors qu’il n’est plus dans la rue. L’Urban Hacking c’est la relève de cette institutionnalisation et c’est tant mieux. Certes ça peut paraître minimaliste par certains aspects mais c’est pour mieux t’interpeller, mon enfant.

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« Ma position est immuable. Je ne suis représenté par aucune galerie par soucis de cohérence. L’Art dans la rue doit y rester, sinon cela s’appelle du Pop Art, de la Figuration Narrative ou, pourquoi pas, du Néo Pop Art Urbain. » On vous laisse vous creusez les méninges pour saisir l’ironie des œuvres de Martin Parker.

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