Folie des trucks : Tout est bon dans le camion sauf la loi

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La folie des trucks ou comment la baraque à frites a acquis ses lettres de noblesse pour les perdre aux yeux de la loi

Avant il y avait les baraques à frites du Nord, les camions à gaufres de la Belgique et les camions à pizzas du Sud. Mais aujourd’hui le Food truck est en passe de devenir l’incontournable culinaire de Paname. Hérité des vendeurs de hot-dogs, de l’inventivité et du culot américain, cette mode qui n’est plus si nouvelle que ça, s’est rapidement étendue au-delà de la métropole parisienne.

Ces camions itinérants, conviviaux, qui proposent pour la plupart une bouffe de qualité et à moindre coût, sont devenus de vrais concurrents pour les commerces qui ont pignon sur rue. N’ayant pas de loyer à payer et des charges relativement faibles, les Food trucks n’ont guère le choix que de se satisfaire de ces petits avantages. Malgré leur succès, ces cantines ambulantes sont devenues la proie des syndicats de la restauration et des lois à cheval sur l’hygiène.

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Les pionniers du camion-cantine tels que Le camion qui fume, Le Réfectoire, Cantine California pour ne citer qu’eux, profitent pleinement de leur titre de précurseurs avec leur place de marché. La folie Food-truck étant contagieuse, ils sont déjà plus de 200 à circuler un peu partout dans l’Hexagone. Sauf que désormais, il devient difficile aux petits nouveaux d’entrer proprement sur le marché de la « cuisine de rue ». On aurait pu croire qu’aux vues du buzz qu’ils suscitent, leur nombre serait encore plus important. C’était sans compter sur les restrictions imposées par les municipalités qui délivrent de moins en moins d’autorisations de stationnement.

La mairie de Paris aurait enregistré plus de 250 demandes d’emplacements de Food trucks en à peine 18 mois. Et autant de refus pour cause de concurrence déloyale envers tous les autres points de restauration qui eux, payent des taxes. Et comme si ça ne suffisait pas, les syndicats de la restauration montrent de la fourchette. Selon eux, les Food-trucks seraient moins enclins à respecter les critères de qualité, à cause de ce principe de cuisiner dans la rue (même si de grands chefs se mettent derrière le volant comme Marc Veyrat), que les restaurants qui eux, font l’objet d’un contrôle accru.

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Bref, si la tendance des Food trucks partage les avis entre professionnels du palais et accros à la fourchette, il n’en reste pas moins que ces initiatives savent user d’imagination pour se diversifier. Et oui, il n’y a pas que la bouffe dans la vie. Désormais, le sport truck de Sosh (à savoir une rampe de skateboard) côtoie le Boudoir des Cocottes (salon de coiffure, de manucure et de maquillage) ou encore le Hair Bar Babyliss (salon de coiffure mobile). Open Minded a trouvé encore mieux : le truck-a-float, autrement dit, un « hôtel » flottant fait dans une cabine de camion.

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Mais le problème reste malheureusement le même : le stationnement, que ce soit sur terre ou sur l’eau. A cela, les syndicats répondent : « Vous rouliez ? Nous en sommes fort aise. Et bien ! Pédalez maintenant ». Les triporteurs, qui sont déjà plus de 300 à circuler à Paris et en province, seraient la solution à ce besoin de nouveauté. Moins encombrants et plus faciles à stationner, ces vélos à trois roues permettent de transporter de la nourriture mais ne présentent pas ce problème de la cuisine dans la rue. Une alternative qui, sans réjouir les restaurateurs et petits commerçants,  semble déjà être la suite logique à la folie des Trucks.

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Tartine en Seine, le food bike digne successeur du food truck ?