Calvaire du stagiaire épisode 6 : ENFIN des petits mots d’amour

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Quand enfin on te félicite, tu as l’impression d’avoir approché le Saint Graal

Ils ont attendu les deux derniers jours de ta vie de  stagiaire pour te dire qu’au final tu n’as pas fait que de la merde. Encourageant.

Il y a des jours comme ça où l’on se sent inspiré. Pas payé mais inspiré quand même. Chez Open Minded on sait que tu sais ce que ça fait car toi aussi tu fais partie de la grande famille des stagiaires. Pendant la pénible période estivale, on pense très fort à toi et on te cacedédi ces tribulations. Malgré ce statut plus que précaire, le stagiaire est utile à la boite sauf que lui, il est interchangeable. T’as peur ? Ohh mais faut pas petit padawan, regardes…

La révolte ne s’étant pas passée comme le petit groupe d’aventuriers l’auraient voulu, les Big B ont pris leur revanche. Ils les ont pourchassés dans le grenier avec une agrafeuse et un marteau. La chasse au stagiaire enfin terminée (ils n’avaient plus de recharges pour ladite agrafeuse), l’esclavage reprend comme si de rien n’était.

Tu commences à ne faire qu’un avec ta chaise qui, si tu as beaucoup de chance, est molletonnée. Petit privilégié va ! Bref, tu commençais à t’habituer à ta condition de papier peint, lorsque sans prévenir, ton maître de stage fait son entrée. Seuls les ordinateurs ronronnent, car le silence se fait direct, un peu comme si on venait d’éteindre la lumière dans un poulailler. Et c’est vers toi qu’il se dirige un papier à la main. Tu regardes à droite à gauche paniqué et tu hésites à te jeter sous ton bureau. Serait-ce à ton tour d’être le punchingball aujourd’hui ?

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« T’es con ou quoi ? Je suis venu te féliciter de la part des patrons. Tu as fait du bon boulot selon eux ». Ouai selon eux mais pas d’après toi. A ses yeux tu es arrivé comme une merde, tu repartiras sous-merde. Belle promotion à vrai dire. Mais là n’est pas le problème. Dans ta tête tourne en boucle : « patrons-bon boulot-félicitations ». Tes yeux s’agrandissent comme un gosse en plein trip de saccharose (comprenez de sucre). D’un seul coup, tu n’es plus dans ce bureau trop petit, aux allures de ghetto, tu te réfugies dans un monde où les papillons papillonnent, où il pleut des paillettes et où des poneys volants font des cacas arc-en-ciel. N’ayant plus de réaction de ta part, Dark Vador repart non sans t’avoir laissé une pile de taf. Et c’est pas fini.

Il te tombe des fleurs, que dis-je des couronnes de fleurs, de partout et ce, presque toute la journée. « Ton café est délicieux. Oh il y a même la touillette, tu es un ange », « Good job junior ! », « Tu iras loin petit », « Tes camarades devraient prendre exemple sur toi », bon d’accord celle-là te met tous tes collègues à dos, mais tu t’en fous comme de ta première couche, car tu finis le lendemain. Le monde il est beau, il est gentil, mais surtout, il t’appartient ! Dès lors tu ne te sens plus pisser. Pareil le lendemain.

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Même ta mise en page Word rencontre un franc succès. Tes URL deviennent des références pour les prochaines générations, tes calembours sont soudainement très drôles et quand tu te déplaces, tu laisses un doux parfum de succès dans ton sillage. Même une fois sorti des W.C.

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Te faire convoquer dans le bureau des ex-otages ne te fais même pas peur. Tu manques même de t’évanouir de bonheur lorsque l’un d’eux lève son cul de sa chaise, rien que pour toi, et vient t’asséner un compliment en pleine face avec en prime une petite tape dans le dos. Ça c’est mon coupin. C’est limite si tu n’entends pas les mots : « je suis fier de toi, fiston » (c’est plus classe version western).  A la pause déjeuner tu hésites quelque peu à les rejoindre à la table d’or (oui toujours propre, toujours intacte avec les plus friqués). Mais ton maître de stage est là pour éviter que tu ne prennes la grosse tête. Toi tu ne peux t’empêcher de rire car tu t’imagines déjà prendre sa place.

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Quand mon boss est sur le point de dire qu’il est fière de moi

La consécration c’est quand on te permet de partir trois quarts d’heure plus tôt et que ton maître de stage lui, est forcé de rester après 18h. Les larmes te montent aux yeux. On t’aimmmmmmmeeeeuuuuhhhh ! Tu te casses aussi vite qu’un marchand ambulant aux pieds de la Tour Eiffel, car ce soir, c’est Show good tonight ! 

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crédits Yatuu